Tate Modern, Londres • 30.11.08 à 13h
La Tate Modern consacre une (trop) petite exposition au génie de l’expressionnisme abstrait, Mark Rothko.
L’exposition s’organise autour d’une gigantesque salle dans laquelle sont réunies une partie des toiles peintes par Rothko pour le célèbre restaurant The Four Seasons situé dans le Seagram Building à New York. Les trente toiles peintes par Rohtko n’ont jamais été installées dans le restaurant (qui n’aurait de toute façon pu en abriter que sept) et ont été dispersées. Rothko en a donné neuf à la Tate : huit d’entre elles sont ici remises en compagnie de certaines autres qui sont aujourd’hui au Kawamura Memorial Museum of Art, dans la grande banlieue de Tokyo, et à la National Gallery of Art de Washington.
D’autres séries complètent l’exposition, notamment la magnifique série “Noir sur gris”, qui clôt l’exposition (l’impression de ne découvrir vraiment la toile qu’à condition de regarder suffisamment longtemps pour s’habituer à tout ce noir est assez exaltante).
Il est difficile d’expliquer ce qui rend ces toiles si fascinantes, pourquoi elles nous parlent autant en dépit d’un cadre formel contraignant qui pourrait sembler contraire à l’épanouissement de la créativité. Ce qui est certain, c’est que la simplicité des toiles de Rothko n’est qu’apparente : comme le montrent des recherches récentes (et comme on le devine en observant un peu attentivement), les créations de Rothko résultent d’un travail particulièrement minutieux sur la superposition des couleurs et sur la façon de délimiter les formes.
La “Turbine Hall” est actuellement occupée par une bien curieuse installation de Dominique Gonzalez-Foerster intitulée “TH.2058”, qui juxtapose des dizaines de lits métalliques, des répliques d’œuvres d’art (Calder, Bourgeois) et un film un peu abscons. Le propos présenté dans la note d’intention de l’artiste, une histoire d’abri en période de déluge, semble résulter d’une soirée de beuverie plus que d’une impulsion créatrice. Des livres devraient être posés sur tous ces lits mais, comme les visiteurs ont été encouragés à les prendre, il n’en reste presque plus. On voit toujours au sol la marque de la gigantesque fissure, désormais bouchée, qu’avait installée Doris Salcedo l’année dernière. Curieuse rémanence d’une œuvre éphémère désormais disparue.
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