Musée du Louvre, Paris • 16.11.08 à 16h45
En marge de l’exposition “Picasso et les maîtres” actuellement à l’affiche au Grand-Palais, le Louvre propose de découvrir une autre série de “variations” composées par Picasso au début des années 1950 autour de la célèbre toile Femmes d’Alger dans leur appartement (1834) de Delacroix.
On se rend donc dans la petite salle 76, le “salon Denon”, à côté de la galerie Mollien où sont exposés plusieurs grands formats de Delacroix, dont la Liberté guidant le peuple, avec son visage pas féminin du tout. En face de la Liberté, une toile a été décrochée : les Femmes d’Alger, justement. Elles se sont déplacées de quelques mètres, pour rejoindre une vingtaine de toiles et dessins qu’elles ont inspirés à Picasso.
La juxtaposition est assez fascinante. Elle a dû demander des efforts, compte tenu de la variété des provenances indiquées (majoritairement des collections privées, me semble-t-il). On y voit Picasso s’approprier la toile de Delacroix et lui faire subir toutes sortes de traitements : en extraire un personnage, réorganiser la composition, réinventer les couleurs, appliquer des simplifications géométriques…
Comme pour la série inspirée par Las Meninas au Grand-Palais, le clou de l’exposition est une toile presque monochrome au dessin géométrique extrêmement simplifié. C’est peut-être la plus éloignée de son “inspiration" et, pourtant, elle lui rend hommage de manière étonnamment poignante.
Comme la Joconde est exposée juste à côté, dans le Salon des États, j’en profite pour lui rendre une petite visite. Elle a l’air bien petite, toute seule sur une gigantesque cimaise, coincée entre deux longs panneaux vitrés, protégée des ardeurs du public par une grande balustrade en demi-cercle et pas moins de trois gardiens. Ça doit bien faire une quinzaine de fois que je lui rends visite et je ne comprends toujours pas très bien ce qu’on lui trouve.

+1 pour la Joconde : "circulez, y'a rien à voir" ; en fait c'est un attrape-touriste (qui se demande métaphysiquement si elle souris ou si elle fait la moue, c'est dire l'énorme intérêt artistique), afin de vider les autres plus intéressantes... (j'ai jamais bien regardé avec attention la figure de la Liberté, faut dire qu'avec ce nichon à l'air... Bref)
Rédigé par : palpatine | 19 novembre 2008 à 17:55