Royal Festival Hall, Londres • 1.11.08 à 19h30
London Philharmonic Orchestra, Neeme Järvi.
Rimsky-Korsakov : Suite, Les Contes du Tsar Saltan
Tchaïkovski : concerto pour piano n°3 (achevé et orchestré par Sergueï Taneïev) (Alexander Markovich, piano)
Kalinnikov : symphonie n°1
Le festival Tchaïkovski dont je parlais ici se poursuit avec un concert consacré à des œuvres dont le moins qu’on puisse dire est qu’on ne les entend pas tous les jours.
L’opéra Les Contes du Tsar Saltan n’est pas souvent représenté, mais tout le monde connaît le fameux “Vol du bourdon”, qui figure au troisième acte. La suite en trois mouvements (qui, curieusement, ne contient pas le “Vol du bourdon”) permet de se faire une idée du style musical de l’opéra, écrit dans un idiome qui oscille entre le bucolique et le monumental.
Le troisième concerto pour piano de Tchaïkovski ne m’a jamais beaucoup accroché… et l’on ne peut s’empêcher de penser que Taneïev y est sans doute pour quelque chose. L’espèce de fanfare qui précède la fin de l’ouvrage flirte largement avec le mauvais goût. Belle prestation très technique du pianiste Alexander Markovich.
Vient enfin la très attachante symphonie n°1 de Kalinnikov, une œuvre qui n’a pas peur de s’épancher sans retenue en de grands thèmes lyriques. Elle n’est en rien visionnaire (surtout lorsqu’on se rend compte qu’elle a été créée alors que Mahler avait déjà fini ses deux premières symphonies), mais elle développe un joli langage mélodique et harmonique qui retient l’attention sans effort. Il y a en particulier dans le premier mouvement un thème secondaire irrésisitible du genre de ceux que l’on ne peut pas se sortir de la tête pendant plusieurs jours : il est joué d’abord par les violoncelles, tandis que les flûtes leur font des gazouillis dans le do(s). C’est ravissant… en tout cas les deux premières fois (à la deuxième reprise, on commence à fatiguer).
L’excellent Neeme Järvi nous propose un bis : le “Vol du bourdon”, bien sûr, ce qui permet de boucler agréablement la boucle.
Commentaires