Palais Garnier, Paris • 28.10.08 à 19h30
La Fiancée vendue (1866/1870). Musique : Bedřich Smetana. Livret : Karel Sabina.
Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris, Jiři Bělohlávek. Mise en scène : Gilbert Deflo. Avec Christiane Oelze (Mařenka), Ales Briscein (Jeník), Christoph Homberger (Vašek), Franz Hawlata (Kecal), Oleg Bryjak (Krušina), Pippa Longworth (Ludmila), Štefan Kocán (Mícha), Helene Schneiderman (Háta), Heinz Zednik (Le chef du cirque), Amanda Squitieri (Esmeralda), Ugo Rabec (L’Indien)…
On est heureux d’avoir l’occasion d’entendre cet “opéra comique” trop peu entendu de Smetana, une partition pleine d’esprit qui m’a semblé regarder plus nettement du côté de Mozart que de celui de ce terroir tchèque dont Smetana est l’un des héraults. Il y a de très belles pages orchestrales, notamment l’ouverture et les ballets (un dans chaque acte) et de jolis airs, comme l'émouvant quinquette du dernier acte.
L’exécution, malheureusement, m’a un peu laissé sur ma faim. Bělohlávek ne me convainc décidément pas (un constat que je fais régulièrement) : même s’il donne du rythme à la partition, il a tendance à en aplatir le relief et, surtout, il laisse régulièrement s’installer des décalages scène/fosse, voire fosse/fosse, qui agacent. Quant à la mise en scène, il semble charitable de ne pas l’évoquer tellement elle est indigente (sauf lorsque Deflo consent occasionnellement à faire de la direction d’acteurs pendant cinq minutes, comme dans le grand duo entre Kecal et Jeník à la fin du deuxième acte… où l’on découvre qu’il a l’air de savoir ce que “mise en scène” signifie). Cela étant, à côté de la chorégraphie de Micha van Hoecke, le travail de Deflo pourrait passer pour un chef d’œuvre impérissable.
Quant aux chanteurs, à l’exception de Franz Hawlata, qui fait montre d’un charisme réjouissant, ils ont en commun de briller plus par leur bonne volonté que par leur talent. Mais cela fonctionne globalement plutôt bien, et l’on s’attache finalement pas mal aux deux jeunes tourtereaux, la Mařenka de Christiane Oelze, qui est pleine de qualités, et le Jeník d’Ales Briscein. Quant au Chœur, comme souvent, il est remarquable… même si on aimerait que la mise en scène le traite un peu mieux.
Une dame à ma droite fait un malaise pendant le deuxième acte, ce qui me donne l’occasion de sortir de la torpeur dans laquelle me plongeait la représentation jusque là pour aller chercher les secours. Du coup, je vois la fin de la première partie debout au fond du parterre et j’en profite beaucoup plus…
Rooooh, c'est un peu méchant, surtout pour Deflo, c'est vraiment pas si moche (comparé à la colline windows du Verdi à Bastille, c'est même super chouette ^^). Et puis fallait pas sauver la vieille, tu ne luttes pas assez pour faire baisser les cours de l'immobilier pour la peine, faut avoir pitié des p'tits jeunes surtout ! ;)
Rédigé par : palpatine | 31 octobre 2008 à 18:00