Shaw Festival, Royal George Theatre, Niagara-on-the-Lake (Canada) • 26.9.08 à 20h
Lillian Hellman (1939)
Mise en scène : Eda Holmes. Avec Laurie Paton (Regina Giddens), Ric Reid (Benjamin Hubbard), Peter Krantz (Oscar Hubbard), Sharry Flett (Birdie Hubbard), David Jansen (Horace Giddens), Krista Colosimo (Alexandra Giddens), Richard Stewart (Cal), Lisa Codrington (Addie), Gray Powell (Leo Hubbard), Norman Browning (William Marshall).
Intéressante occasion de voir cette célèbre pièce de Lillian Hellman, l’auteur du livret original du Candide de Leonard Bernstein. L’action se déroule en 1900 dans le sud des États-Unis : l’héroïne, Regina, et ses deux frères veulent investir dans une exploitation de coton afin de faire fortune. Leur fascination malsaine pour l’argent et leur absence totale de scrupules va les conduire — Regina en tête — à s’asseoir sur toute considération morale, au prix notamment d’une vie humaine.
Hellman, inutile de le préciser, était très marquée à gauche et la pièce se lit avant tout comme un pamphlet anti-capitaliste. Son tableau des agissements de la famille Hubbard est particulièrement incisif, et il n’est pas sans résonance dans le monde actuel et ses marchés financiers en émoi.
La sage mise en scène de cette production est un peu trop statique pour donner véritablement du rythme au texte de Hellman. La première partie installe pourtant tous les ingrédients d’une explosion dramatique que l’on attend ensuite en vain. Il y aurait pourtant de quoi faire alors que les personnages s’enfoncent dans l’horreur.
Regina est l’un de ces rôles de femme méchante qui permettent normalement à une comédienne de briller ; il a été créé à New York en 1939 par Tallulah Bankhead et à l’écran par Bette Davis (dans le film de 1941 réalisé par William Wyler). La comédienne Laurie Paton, sans être mauvaise, n’a pas tout à fait la même envergure et on ne peut s’empêcher de penser que c’est elle qui empêche un peu la tension de décoller.
Elle est entourée sur scène par une distribution correcte dans laquelle se distingue, comme cela arrive parfois, une comédienne magnifique, la superbe Sharry Flett, qui fait des merveilles dans le rôle de l’innocente alcoolique Birdie Hubbard, que l’un des frères de Regina a épousée uniquement pour mettre la main sur sa fortune.
The Little Foxes a aussi fourni la base d’un très bel opéra de Marc Blitztein, Regina, que je ne désespère pas d’arriver de voir un jour sur scène (il est encore monté de temps en temps aux États-Unis.)
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