Teatro Municipal, Santiago (Chili) • 22.8.08 à 19h
Gaetano Donizetti (1840). Livret d’Alphonse Royer, Gustave Vaëz et Eugène Scribe.
Orchestre Philharmonique de Santiago, José Luis Domínguez. Mise en scène : Hugo de Ana. Avec Adriana Mastrangelo (Leonor), Mario Zeffiri (Fernand), Omar Carrión (Alphonse XI), Felipe Bou (Baltasar), Iván Rodríguez (Don Gaspar), Paola Rodríguez (Inés)…
Bien que programmée en moyenne une saison sur deux dans la deuxième moitié du 19ème siècle, puis quatre fois entre 1907 et 1924, La Favorite n’avait pas été représentée à Santiago depuis 84 ans. La bonne surprise, c’est que l’opéra est donné dans sa version originale française (avec surtitres en espagnol) et, pour autant que je puisse en juger, sans trop de coupures, puisque même l’interminable ballet du 2ème acte (création à Paris oblige) est conservé.
La saison d’opéra à Santiago est relativement classique, mais elle présente une particularité intéressante, puisqu’elle alterne des représentations “de prestige”, où se produisent des artistes de renommée internationale, avec des représentations mettant en vedette essentiellement des talents locaux. À un jour près, c’est Dolora Zajick que j’aurais entendue dans le rôle-titre. Les représentations “de prestige” sont pleines (j’ai entendu quelqu’un qui voulait acheter une place), alors que celle à laquelle j’assiste est loin de l’être.
Il est difficile de formuler un jugement sur cette représentation car le niveau n’est évidemment pas celui des grandes maisons de renommée mondiale. Il faut néanmoins reconnaître que la troupe — chœur compris — fait preuve d’une certaine homogénéité, ce qui est déjà ça de pris. Les solistes sont régulièrement à la limite de leurs moyens, même si la partition de Donizetti n’est sans doute pas la plus exigeante au chapitre de la pyrotechnie belcantiste. Le chef, du coup, n’hésite pas à prendre son temps dans les passages les plus complexes, notamment les numéros d’ensemble de la fin des deuxième et troisième actes, qui n’acquièrent leur rythme naturel qu’à leur apogée.
La mise en scène est extrêmement statique. Tout se passe derrière un rideau transparent sur lequel sont projetées diverses images, notamment de l’Alcazar et du Monastère de Saint-Jacques de Compostelle. Un immense crucifix suspendu depuis les cintres passe son temps à changer de position entre les tableaux. Les chanteurs ne bougent jamais. Ils sont de toute façon trop crispés sur leur performance vocale, les yeux souvent rivés sur le chef, pour risquer la moindre interprétation dramatique. Le metteur en scène conduit les fins d’acte en apothéose vers de très jolis tableaux vivants très réussis.
Expérience intéressante, incontestablement. Les grands airs sont plutôt bien interprétés : on sent que les chanteurs leur apportent un soin tout particulier. Je finis par m’attacher à la Leonor d’Adriana Mastrangelo qui, au moins, ne se la joue pas trop… contrairement au Fernand de Mario Zeffiri, affecté de tous les tics du ténor belcantiste. Son salut, en particulier, est insupportable : il titube comme s’il était au bord de l’épuisement.
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