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08 août 2008

“Hairspray”

Teatro Astral, Buenos Aires • 8.8.08 à 21h

Hairspray Musique : Marc Shaiman. Lyrics : Scott Wittman et Marc Shaiman. Livret : Mark O’Donnell et Thomas Meehan. Adaptation du livret : Fernando Masllorens et Federico González del Pino. Adaptation des lyrics : Enrique Pinti.

Mise en scène : Ricky Pashkus. Chorégraphie : Élizabeth de Chapeaurouge. Direction musicale : Gerardo Gardelín. Avec Vanesa Butera (Tracy Turnblad), Enrique Pinti (Edna Turnblad), Salo Pasik (Wilbur Turnblad), Fernando Dente (Link Larkin), Patricia Echegoyen (Velma Von Tussle), Solange Prat (Penny Pingleton), Deborah Dixon (Garganta Feroz [Motormouth Maybelle]), Felipe Herrera (Sammy Swing [Seaweed J. Stubbs]), Diego Jaraz (Andy [Corny] Collins), Josefina Scaglione (Barbie [Amber] Von Tussle), Laura Oliva (Prudy Pingleton et al.),…

Buenos Aires est une ville de théâtres. On trouve notamment régulièrement à l’affiche des productions de comédies musicales américaines. C’est le cas en ce moment avec Hairspray, la comédie musicale tirée du film de John Waters sur la jeune Tracy Turnblad, que la nature a dotée de quelques kilos superflus et qui va mener une révolution pour la tolérance envers les gros et (tant qu’elle y est) pour l’intégration raciale dans le Baltimore de 1962.

La production présentée au Teatro Astral est très proche de l’original de Broadway, même si quelques rôles ont curieusement changé de nom. Les décors ont dû être un peu adaptés car la scène est moins vaste que celle du Neil Simon Theatre. Pour le reste, on pourrait être à Broadway, tant la qualité de l’interprétation est élevée.

J’ai eu un petit moment d’hésitation lorsque j’ai constaté que les arpèges de harpe (joués au synthétiseur) que l’on entend normalement dans les premières mesures avaient disparu. Mais c’était avant de voir le chef se démener : le synthétiseur en question n’était pas sonorisé. Nous avons eu droit ensuite à l’intégralité de la partition, sans qu’il ne manque une mesure (ma position stratégique au-dessus de l'épaule droite du chef m’a permis de le vérifier) ou une partie instrumentale. Malgré une forme de décontraction (les musiciens se regardent à peine ; le chef ne donne que quelques départ et se consacre surtout à jouer sa partie), le niveau de l’exécution musicale est superlatif. Les cuivres sont particulièrement excellents.

Sur scène, le constat est le même. Et pourtant, plusieurs des comédiens/chanteurs ont été sélectionnés par le biais d’une émission de télé-réalité (cela devient courant à Londres et New York : Buenos Aires ne voulait manifestement pas être en reste). Mais il n’y a rien à redire, sauf peut-être pour certains d’eux au chapitre de la danse. Comme comédiens et comme chanteurs, ils sont tous remarquables. Il n’y a d’ailleurs aucun maillon faible dans la distribution, ce qui contribue aussi grandement à l’impression de qualité.

Un aspect intéressant du casting est lié au fait que Hairspray concerne notamment la coexistence des communautés blanche et noire dans le Baltimore peu progressiste du début des années 1960. Il faut donc des comédiens noirs et on ne peut pas faire de “color-blind casting” (ce qui est bien sûr la norme dans le cas standard) car la pièce deviendrait incompréhensible. Or, s’il y a des noirs dans d’autres pays d’Amérique latine, il y en a très peu en Argentine. Et les noirs d’Amérique latine ont plus l’air d’être indiens que noirs. (Du coup, les filles “noires” de la distribution portent des collants marron, sans doute pour accentuer leur “couleur”). On sent que les producteurs du spectacle ont dû peiner car, du côté des noirs, certains comédiens ne sont pas tout à fait dans la bonne tranche d’âge pour jouer des lycéens.

Le rôle principal, celui de la mère de Tracy, est écrit pour être joué par un homme travesti. Il est tenu par un comédien très célèbre (dixit mon chauffeur), Enrique Pinti, qui a aussi adapté les lyrics. Bien que connaissant bien la pièce, je ne comprenais pas tout ce qu’il disait tant il sert ses répliques à jet continu, en respirant à peine. Cela fait partie de son comique et ça fait mouche à tous les coups. Il y a plusieurs autres prestations vraiment remarquables sur le plan de la comédie, notamment celle — peu subtile, mais très efficace — de Laura Oliva, qui cumule trois rôles différents.

La représentation, censée commencer à 21h, ne commence en réalité qu’avec un bon quart d’heure de retard. L’entracte se prolonge aussi de manière anormale, tant et si bien qu’il est minuit lorsque je quitte le théâtre.

Commentaires

Vous étiez à Buenos Aires en août passé?
et avez eu la chance de voir ce spectacle?
L'acteur Enrique pinti est "génial". Vivant en france depuis longtemps, j'essaye de voir ses pièces quand je vais à Buenos Aires. L'année 2008, justement,il ne faisait pas de spectacle comme il a l'habitude d'en faire (où il a justement un débit incroyable de parole mais une intelligence et humour BRILLANTS!) et il était intégré à Hairspray.
Si vous ne connaissez pas Les Luthiers, c'est aussi un autre groupe argentin qui est INCROYABLE par son originalité et son humour si fin. Vous pouvez trouver des extraits sur YOUTUBE. Mais il faut comprendre l'espagnol parce qu'ils ne cessent de jouer avec les mots et avec des évènements de la culture collective... Enfin, c'est unique... J'ai trouvé du plaisir à lire en français votre article sur ce spectacle de la rue Corrientes. Il faut que vous retourniez en Argentine pour continuer votre découverte de ce foissonement théâtral... (et n'oubliez pas d'aller dans les cafés que se trouvent juste à côté du théâtre, comme "El GAto Negro", par exemple...). Buena suerte.

> Merci beaucoup pour ce commentaire, Rosa. Vous pouvez lire les détails de mon voyage en Argentine et au Chili sur le blog spécifique que je lui avais consacré.

Je sais qu'ils vont jouer ce spectacle en version française dans l'allier à Sanssat. A suivre.. en Juin 2009

> Tout un programme, en effet…

va voir leur site http://ascm03.free.fr

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