Théâtre Ronacher, Vienne • 26.7.08 à 19h30
Musique et lyrics : Mel Brooks. Livret : Mel Brooks et Thomas Meehan, d’après le film de 1968 écrit et réalisé par Mel Brooks. Adaptation en allemand : Philipp Blom, David Bronner et Michaela Ronzoni.
Mise en scène et chorégraphie : Susan Stroman. Chef d’orchestre : Michael Römer. Avec Oliver Mülich (Max Bialystock [deuxième distribution]), Andreas Bieber (Leo Bloom), Bettina Mönch (Ulla), Herbert Steinböck (Franz Liebkind), Martin Sommerlatte (Roger deBris), Rob Pelzer (Carmen Ghia)…
The Producers, c’est avant tout un film de Mel Brooks de 1968, avec Zero Mostel et Gene Wilder dans les deux rôles principaux. Ce n’est pas un film musical, mais il inclut une scène de comédie musicale, “Springtime for Hitler”, dont la musique et les lyrics sont de Brooks lui-même. Mel Brooks a créé la surprise aux alentours de 2000 lorsqu’il a annoncé son intention de transformer son film en comédie musicale… en en composant lui-même la partition. (Jerry Herman raconte qu’il a été sollicité mais qu’il a dit à Mel Brooks que celui qui avait composé “Springtime for Hitler” pouvait facilement écrire le reste.)
Avril 2001 : The Producers crée l’événement à Broadway. Mel Brooks a composé une partition riche en “bonnes vieilles mélodies” (au point que certains lui reprochent de s’être un peu trop inspiré de mélodies existantes) ; la pièce est à peu près aussi drôle que le film ; et les deux comédiens qui tiennent les rôles principaux à la création, Nathan Lane et Matthew Broderick, sont sensationnels. Avec ses douze Tony Awards (un record historique), on pense que The Producers est parti pour tenir l’affiche vingt ans à Broadway. Malheureusement, l’enthousiasme s’émousse progressivement et le spectacle ferme ses portes en avril 2007, après “seulement” six ans de représentation.
Une production s’installe à Londres en 2004 mais ne réussit pas à attirer le public. Une adaptation cinématographique (évoquée ici et là) suit mais elle ne reçoit pas non plus un accueil très favorable.
Je suis fan de The Producers depuis la première heure. C’est d’ailleurs l’un des seuls spectacles que j’aie vus trois fois à New York, où le temps est précieux. En mettant en musique le scénario de son film, Mel Brooks a réussi à trouver un équilibre presque miraculeux entre son humour assez typique et le charme d’une partition qui, à défaut d’être un triomphe d’inventivité, est bourrée de mélodies entraînantes, merveilleusement orchestrées par certains des meilleurs orchestrateurs de Broadway du moment. (La comédie musicale est, du coup, bien plus agréable que le film de 1968, qui ne fonctionne que sur le seul moteur de l’humour, ce qui frôle plusieurs fois l’excès.) Le spectacle bénéficie aussi de l’imagination débridée de son metteur en scène et chorégraphe, Susan Stroman, inégalée dans sa capacité à utiliser les accessoires les plus anodins pour alimenter sa créativité.
Quel plaisir d’avoir l’occasion de revoir The Producers à Vienne, alors que le spectacle a quitté les scènes de New York et de Londres ! La mise en scène est une reproduction très fidèle de la production originale ; seul le décor a dû être légèrement réduit pour contenir sur la scène du magnifique Théâtre Ronacher, qui vient de rouvrir après d’importants travaux de rénovation.
La qualité d’ensemble est remarquable. Les deux comédiens principaux ne sont peut-être pas tout à fait aussi irrésistibles que les créateurs du rôle à Broadway, mais ils s’en sortent fort bien. (Le rôle de Max n’est pas joué par le titulaire normal du rôle — cela me fera une excuse pour retourner voir le spectacle…) Il n’y a que dans les passages dansés que l’on remarque que l’on n’est pas à New York. Mais cette toute petite faiblesse est bien marginale à côté du plaisir de revivre cette partition délicieuse… jouée superbement par un orchestre d’une grosse vingtaine de musiciens dans une forme absolument olympique.
À voir et revoir sans modération…

Bonjour ! Je voulais savoir si une production des "Producteurs" était prévue un jour à Paris. Ce serait absolument fabuleux parce que d'après les extraits vus sur Youtube et le film de Susan Stroman (qui, hormis les premières 30 minutes qui ne marchent pas trop, est absolument génial), c'est vraiment une pièce qu'on pourrais rêver de voir à Paris avec les moyens consistants !
Rédigé par : HCC72 | 06 août 2012 à 14:27