“The Fly”
Théâtre du Châtelet, Paris • 8.7.08 à 20h
Howard Shore (2008). Livret de David Henry Hwang, d’après la nouvelle de George Langelaan.
Direction musicale : Plácido Domingo. Mise en scène : David Cronenberg. Avec Daniel Okulitch (Seth Brundle), Ruxandra Donose (Veronica Quaife), David Curry (Stathis Borans)…
Que du beau monde pour cette création mondiale d’une commande faite par le Châtelet en coopération avec l’Opéra de Los Angeles. David Cronenberg avait déjà réalisé en 1986 la version cinématographique de cette histoire de science-fiction sur une expérience ratée de téléportation. Il en met aujourd’hui en scène une adaptation sous forme d’opéra, composée par celui qui était déjà à l’origine de la musique du film, Howard Shore (devenu entre temps immensément célèbre grâce à la musique de The Lord of the Rings). C’est Plácido Domingo lui-même, en sa capacité de directeur général de l’Opéra de Los Angeles, qui est à la baguette.
La première partie déçoit un peu car Shore — assez curieusement pour un compositeur de musique de film — peine à donner couleur et intensité à sa musique, y compris lors des épisiodes (comme l’expérience de téléportation) qui mériteraient quelques envolées dramatiques. L’écriture vocale est un peu monocorde et manque, elle aussi, d’aspérités. La seconde partie est plus convaincante, avec son écriture musicale moins contrainte et des épisodes quasi liturgiques qui prennent occasionnellement aux tripes.
On ne peut qu’être séduit par l’engagement des chanteurs qui tiennent les deux rôles principaux (Jeff Goldblum et Geena Davis dans le film). Leurs rôles doivent être une tuerie à mémoriser ; ils s’en sortent plus que vaillamment. On est également très favorablement impressionné par les prestations des chœurs, qui contribuent grandement à créer l’atmosphère très particulière nécessaire au déroulement de l’histoire. La mise en scène, malgré quelques maladresses, repose sur quelques belles images assez efficaces.
Pas d’enthousiasme excessif, donc, mais l’impression d’un travail sérieux et plutôt réussi. Il sera intéressant de lire la réaction de la critique lors de la création à Los Angeles dans quelques semaines.
Un ami me faisait remarquer récemment que Plácido Domingo doit accumuler beaucoup de miles de voyageur fréquent sur les compagnies aériennes : en effet, il dirige The Fly à Paris les 2, 5, 8, 11 et 13 juillet tandis qu’il se produit dans la zarzuela Luisa Fernanda (qu’il doit bien falloir répéter…) au Theater an der Wien de Vienne les 7, 10, 14, 16 et 18 juillet…
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