Theatre Royal Haymarket, Londres • 12.7.08 à 19h30
Musique : Michel Legrand. Livret : Alain Boublil, Claude-Michel Schönberg et Jonathan Kent. Lyrics : Herbert Kretzmer, d’après des lyrics originaux en français d’Alain Boublil.
Mise en scène : Jonathan Kent. Direction musicale : Jonathan Kent. Avec Ruthie Henshall (Marguerite), Julian Ovenden (Armand), Alexander Hanson (Otto)…
C’est un événement de voir à Londres une comédie musicale qui ne soit ni une reprise, ni un spectacle de variétés construit autour du catalogue des chansons de tel groupe ou de tel chanteur. Marguerite, en effet, est une création originale, vaguement inspirée par La Dame aux camélias, dotée d’une partition du toujours fringant Michel Legrand et d’un livret du duo qui a donné au monde de la comédie musicale deux de ses plus grands succès, Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg.
L’histoire, transposée sous l’occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale, est celle de Marguerite, la maîtresse d’un général allemand, qui va démontrer de multiples façons qu’elle a du cœur malgré les apparences… quitte à y laisser la vie.
Cette nouvelle comédie musicale est attachante à bien des égards : une histoire romantique à souhait, une partition qui sait occasionnellement se faire séduisante (superbe swing du premier acte) et une distribution de très bon niveau menée par l’excellente Ruthie Henshall (vue pour la dernière fois dans le flop Peggy Sue Got Married) et le séduisant Julian Ovenden (qui jouait le rôle de Frank dans la très belle production de Merrily We Roll Along au Donmar Warehouse)… sans oublier le très charismatique Alexander Hanson (qui, après avoir fui les nazis dans The Sound of Music, se transforme ici en général allemand).
Elle n’est cependant pas sans défauts. Le livret est irrégulier. La partition de Michel Legrand, malgré ses attraits, est très exigeante pour des voix de chanteurs de comédie musicale ; son chromatisme exubérant fait des victimes et pousse régulièrement les premiers rôles aux limites de leurs possibilités, voire au-delà. La mise en scène, enfin, se heurte à un obstacle de taille : le décor, pourtant magnifique, n’est vraiment adapté qu’à la première scène du premier acte… et les nombreux éléments fixes qui restent en arrière-plan des scènes suivantes ne semblent pas du tout à leur place. L’inévitable tournette semble de surcroît très sous-utilisée.
Marguerite, en résumé, donne l’impression d’une œuvre pas tout à fait aboutie et pourtant pleine de potentiel. Mais quel plaisir, malgré tout, de voir à Londres une œuvre nouvelle qui raconte une histoire originale avec un début et une fin et des personnages vraiment consistants. Rien que pour cela, les auteurs méritent un sérieux coup de chapeau.
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