Opéra Bastille, Paris • 10.7.08 à 19h30
Gustave Charpentier (1900). Livret du compositeur.
Direction musicale : Patrick Davin. Mise en scène : André Engel. Avec Guylaine Girard (Louise), Gregory Kunde (Julien), Alain Vernhes (le Père), Jane Henschel (la Mère), Luca Lombardo (un noctambule, le pape des fous, le marchand d’habits)…
Je ne connaissais rien de Louise avant la représentation ; je suis ressorti subjugué.
Subjugué par une partition envoûtante, aux orchestrations d’une richesse infinie. Subjugué par ce livret frais, poétique, oscillant entre une forme de réalisme sublimé par la musique et un symbolisme typique de l’époque. Subjugué par l’interprétation d’un Gregory Kunde magnifique et d’un Alain Vernhes ébouriffant dans la sène finale du Père, une page d’opéra tout simplement somptueuse.
La mise en scène d’André Engel traite Paris comme un personnage à part entière : les décors de Nicky Rieti et les lumière d’André Diot composent autant de messages d’amour à la ville-lumière. Les personnages s’y retrouvent comme dans d’exquis tableaux.
Dommage que Guylaine Girard, qui a pourtant une jolie personnalité sur scène, manque de la puissance nécessaire pour “passer” l’orchestre. Certains spectateurs ont hué Patrick Davin, lui reprochant vraisemblablement son niveau sonore, mais je crains bien qu’il ne soit pour rien dans l’incapacité de Girard à projeter correctement. Les autres chanteurs n’avaient, eux, aucun problème… et la musique n’était pas si forte. Au contraire, elle sonnait exquisement sous les efforts conjugués de Davin et d’un orchestre très à l’aise stylistiquement.
Mais pourquoi une œuvre aussi magnifique est-elle aussi peu souvent à l’affiche alors qu’on joue en permanence les œuvres les plus mineures d’un nombre limité de compositeurs jugés comme “importants” ?
l'"oeuvre magnifique" est peu représentée maintenant parce que, pendant longtemps, on en a mangé matin, midi et soir, de la Lou-ise. De temps en temps, varier les plaisirs, ce n'est pas de refus !
Rédigé par : zvezdo | 12 juillet 2008 à 19:39
> Mais moi je n’étais pas là, à cette époque ! Je pense que le monde pourrait se passer d’une énième production de Simon Boccanegra pour faire un peu de place à Charpentier.
Rédigé par : Laurent | 13 juillet 2008 à 00:53
Ouais, sacrifions un Verdi ou deux pour de l'excellent opéra français ! :p Apparemment, on n'en soupait pas des masses d'après un ami qui se fait autant d'opéras par an que nous, mais depuis plus de 50 ans... Bref, louons un peu Mortier, pour changer ("je t'échange une Louise contre un Warli" -- ou l'équilibre de l'univers respecté).
Rédigé par : palpatine | 17 juillet 2008 à 16:41
> Je reconnais volontiers à Gerard Mortier le mérite immense de nous avoir permis de voir La Juive (même si certains puristes auraient aimé une version moins partielle) et Louise, parmi d’autres plaisirs.
Rédigé par : Laurent | 19 juillet 2008 à 00:58