Centre Pompidou, Paris • 30.7.08 à 19h30
Le Centre Pompidou consacre une rétrospective à l’architecte français Dominique Perrault, dont le nom est immédiatement associé à la Bibliothèque Nationale de France.
Il y a des constantes particulièrement visibles dans le travail de Perrault. D’abord, le travail sur la disparition ou sur l’enfouissemnt du bâtiment. C’est bien sûr le cas avec le Bibliothèque Nationale de France, dont la partie visible se résume à quatre “coins” qui délimitent un volume vide. Ou avec le vélodrome et la piscine olympique de Berlin. On retrouve ce type de réflexion dans le projet (non réalisé) pour la Cité de la Culture de Galice, un bâtiment complètement enfoui dans une colline, mais recouvert d’un dispositif optique complexe capable de faire rentrer la lumière de l’extérieur jusqu’au cœur du bâtiment ou, au contraire, de projeter à l’extérieur des images de l’intérieur. Ou encore dans la conception de l’Université féminine Ewha, en Corée du Sud, qui s’organise autour d’une gigantesque saignée pratiquée dans une surface végétale, qui en est en quelque sorte la seule “façade” visible.
Quand il ne fait pas disparaître ses bâtiments, Perrault aime les recouvrir de toutes sortes de voiles, treillis métalliques et mailles en tous genres… une démarche qui permet, tout en “recouvrant” les formes de base, de jouer sur les transparences et de faire émerger des espaces de transition. C’est notamment le cas de son fameux projet pour l’extension du Théâtre Mariinsky, dont on ne sait plus très bien s’il sera réalisé ou non compte tenu des péripéties récentes qui ont conduit à la résiliation du contrat. À part un hôtel à Tenerife, aucun des projets de ce type ne semble pour l’instant destiné à voir le jour.
Curieusement, Perrault revient aussi régulièrement à la forme de base de l’architecte : le parallélépipède. Il le déforme (les tours du quartier de Donau-City à Vienne), le penche (un hôtel à Milan), joue avec les empilements (un projet non réalisé pour la Banque Centrale Européenne à Francfort), anime les façades de rythmes irréguliers (des bâtiments d’habitations et de bureaux à Groningue aux Pays-Bas)… et recourt sans vraiment les bouleverser aux codes standards du modernisme architectural.
La muséographie est rien moins que remarquable. Le lieu, déjà, est magique : la “Galerie Sud”, complètement ouverte sur la rue grâce aux immenses baies vitrées, donne l’impression d’être plongée dans la ville. C’est parfait pour une exposition consacrée à l’architecture. Et puis le soin avec lequel est recréé le processus créatif derrière chacun des projets présentés est remarquable. Il y a sans doute un peu de rationalisation a posteriori dans tout cela, mais c’est assez captivant. Le seul reproche, c’est qu’il manque parfois une simple photo des projets réalisés ; il faut se reporter au mur de vidéos pour voir certains des édifices terminés, c’est dommage.















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