Opéra-Comique, Paris • 13.6.08 à 20h
Wayne Marshall, piano
- “Dream With Me” (Leonard Bernstein [m/l], Peter Pan)
- “Something’s Coming” / “Tonight” (Leonard Bernstein [m], Stephen Sondheim [l], West Side Story)
- “That’s Him” (Kurt Weill [m], Ogden Nash [l], One Touch of Venus)
- “Paree, What Did You Do To Me?” / “You Don’t Know Paree” (Cole Porter [m/l], Fifty Million Frenchmen)
- “The Man I Love” (George Gershwin [m], Ira Gershwin [l], Strike Up the Band)
- Solo au piano : Improvisation sur des thèmes de Porgy & Bess (George Gershwin [m])
- “I Can Cook, Too”, (Leonard Bernstein [m], Betty Comden & Adolph Green [l], On the Town)
- “Love Song” (Kurt Weill [m], Alan Jay Lerner [l], Love Life)
- “A Foggy Day” (George Gershwin [m], Ira Gershwin [l], Damsel in Distress [film])
- “Love For Sale” (Cole Porter [m/l], The New Yorkers)
- “Island Magic” (Leonard Bernstein [m], Trouble in Tahiti)
- “Give Him the Oo-La-La” (Cole Porter [m/l], Du Barry Was a Lady)
- “Who Said Gay Paree?” (Cole Porter [m/l], chanson écrite pour Can-Can mais non utilisée)
- “Mr. Right” (Kurt Weill [m], Alan Jay Lerner [l], Love Life)
- “Love Walked In” (George Gershwin [m], Ira Gershwin [l], The Goldwyn Follies [film])
- “Soon” (George Gershwin [m], Ira Gershwin [l], Strike Up the Band)
- “One Hundred Easy Ways” (Leonard Bernstein [m], Betty Comden & Adolph Green [l], Wonderful Town)
- Solo au piano : Improvisation sur des thèmes de West Side Story (Leonard Bernstein [m])
- “The Lorelei” (George Gershwin [m], Ira Gershwin [l], Pardon My English)
- “One Touch of Venus” (Kurt Weill [m], Ogden Nash [l], One Touch of Venus)
- “Kate the Great” (Cole Porter [m/l], chanson écrite pour Anything Goes mais non utilisée)
- “West Wind” (Kurt Weill [m], Ogden Nash [l], One Touch of Venus)
- “September Song” (Kurt Weill [m], Maxwell Anderson [l], Knickerbocker Holiday)
- “Lost in the Stars” (Kurt Weill [m], Maxwell Anderson [l], Lost in the Stars)
- “Somewhere” (Leonard Bernstein [m], Stephen Sondheim [l], West Side Story)
- “So In Love” / “Were Thine That Special Face” (Cole Porter [m/l], Kiss Me Kate)
En bis :
- “I Love Paris” (Cole Porter [m/l], Can-Can)
- “Love Who You Love” (Stephen Flaherty [m], Lynn Ahrens [l], A Man of No Importance)
- “Fascinating Rhythm” (George Gershwin [m], Ira Gershwin [l], Lady Be Good)
[m] = musique – [l] = lyrics – Les titres en italique sont ceux des comédies musicales dont sont issues les chansons.
Il va être difficile de ne pas épuiser rapidement mon stock limité de superlatifs pour décrire à quel point ce récital fut époustouflant.
Kim Criswell est une chanteuse américaine née en 1957. Après dix ans de carrière aux États-Unis (quelques rôles secondaires à Broadway, quelques premiers rôles dans des productions régionales), elle s’installe à Londres au début des années 1990 et devient l’une des grandes dames de la comédie musicale, grâce notamment à sa participation à une série d’enregistrements de référence consacrés à des œuvres de Cole Porter et de George Gershwin.
Je l’ai vue plusieurs fois à Londres et en Angleterre : dans la comédie musicale The Slow Drag en novembre 1997, dans un concert consacré à Stephen Sondheim en juin 2000, dans une version concert de On the Town au Royal Festival Hall en octobre 2000, dans une version concert de Company au Hackney Empire en novembre 2005, en sorcière dans Into the Woods à Derby en avril 2006… et dans une superbe version concert de Follies en février 2007. Elle était bien sûr l’irrésistible “Old Lady” du Candide de Robert Carsen au Châtelet en décembre 2006. Elle participe aussi occasionnellement à des spectacles français, dont un couplage de deux comédies musicales de Cole Porter, Du Barry Was a Lady et Fifty Million Frenchmen, présenté au Festival de Royaumont puis en tournée, et que je n’ai pas réussi à voir malgré mes efforts.
En marge de l’opéra Porgy & Bess actuellement à l’affiche, Kim Criswell proposait donc au public parisien un récital consacré à quatre compositeurs chers à son cœur : Cole Porter (son préféré, nous dit-elle), George Gershwin, Kurt Weill et Leonard Bernstein. Elle est accompagnée par Wayne Marshall qui, non content d’être le directeur musical de Porgy & Bess, est un pianiste étourdissant de talent.
Criswell brille toute la soirée par son intelligence et son talent : intelligence dans la conception du programme et dans la façon dont chaque titre est introduit ; une voix qui a retrouvé le lustre d’il y a quinze ans ; une technique qui lui permet de servir des aigus éclatants comme des pianissimos à tomber ; un sens superbe de la ligne musicale et une attention millimétrique portée aux lyrics ; une adaptabilité de caméléon pour se fondre dans le style de chacune des chansons — ballade ou comédie —, sans faux pas et sans faute de goût ; une générosité qui ne peut que rendre heureux.
Elle a la chance d’être accompagnée par un Wayne Marshall dont l’agilité provoque plusieurs décrochements de mâchoire pendant la soirée. Ses accompagnements sont d’une beauté à pleurer ; ses deux improvisations laissent tout simplement sans voix, tandis que l’on se demande d’où peuvent bien venir les deux ou trois mains qui semblent venir lui porter renfort. Son accompagnement de “So In Love” intègre de nombreuses citations de l’Étude “révolutionnaire” (op. 10 n°12) de Chopin : c’est incroyable de virtuosité tant dans la conception que dans l’exécution.
Petit moment de grâce pendant les bis : Criswell nous fait comprendre qu’elle ne vit pas seulement dans la nostalgie des compositeurs du passé, mais qu’elle estime aussi certains des compositeurs contemporains… et elle entame une version bouleversante d’une chanson de la comédie musicale A Man of No Importance de Stephen Flaherty et Lynn Ahrens.
Enivrant, enchanteur, étourdissant. Parfait.

Ach! elle a chanté "So in love"! Je te hais!
Rédigé par : Valery | 25 juin 2008 à 18:00
> Au lieu de te réjouir de la chance que j’ai eue de l’entendre… tsss tsss…
Rédigé par : Laurent | 26 juin 2008 à 01:04
Vous serez heureux de savoir que Kim sera de la distribution de la version du Châtelet de Sound Of Music, en décembre 2009; elle sera la Mère Supérieure!
Climb Ev'ry Mountain ....
Oh, joie!
Rédigé par : François | 15 mars 2009 à 21:33
> Parce que le Châtelet donne Sound of Music et A Little Night Music dans la même saison ?? Là, je dois dire que ça m’épate. Je propose la canonisation immédiate de Saint Jean-Luc Choplin…
Rédigé par : Laurent | 15 mars 2009 à 21:36
Hummm... I may have jumped to conclusions!
Je ne savais pas pour A Little Night Music.
Je n'ai su qu'hier pour SOM par l'intermédiaire de Larry Moore, arrangeur et restorateur de théâtre musical américain ET grand ami de la dame ... qui, selon lui, a un grand sens de l'humour (Anglais certainement, puisqu'elle vit à Londres!)...
L'info ne précise pas quand (Pour la fin de 2009), mais je ne sais si c'est décembre!
Wow! (Oahou! en Français!) DEUX musical comedies au Châtelet en 2009!
Who could ask for anything more?!
Rédigé par : François | 15 mars 2009 à 22:13
Après vérification, SOM est bien pour décembre!!
Espérons que Little night Music n'a pas été "annulé"....
Rédigé par : François | 15 mars 2009 à 22:24
> En tout, ALNM est dans le programme de saison de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France (qui sera dans la fosse). Du 15 au 20 février.
Merci d’avoir vérifié (c’est amusant, j’ai justement eu un échange de mail avec Larry Moore il y a quelques jours).
Rédigé par : Laurent | 15 mars 2009 à 22:28
"Small world, isn't it?"
... et mon nom n'est pas Mama Rose! ;-)
Rédigé par : François | 15 mars 2009 à 22:52