Volksoper, Vienne • 1.5.08 à 19h
Frederick Loewe (1956). Livret et lyrics : Alan Jay Lerner, d’après Pygmalion de George Bernard Shaw.
Direction musicale : David Levi. Mise en scène : Robert Herzl. Avec Katharina Straßer (Eliza Doolittle), Herbert Föttinger (Henry Higgins), Josef Luftensteiner (Pickering), Robert Meyer (Albert P. Doolittle), Louise Martini (Mrs. Higgins), Ulli Fessl (Mrs. Pearce), Lukas Perman (Freddy Eynsford-Hill), Regula Rosin (Mrs. Eynsford-Hill), Harry (Stefan Cerny)…
C’est donc à Vienne qu’il faut se rendre pour entendre la musique de Frederick Loewe telle qu’elle a dû être jouée pour le public de la première, le 15 mars 1956 au Théâtre Mark Hellinger (aujourd’hui transformé en église !) à Broadway. Quarante musiciens dans la fosse et pas un synthétiseur en vue : une configuration dont on ne peut plus rêver au royaume des musiciens grassement payés de New York. Ce simple plaisir justifie à lui seul le voyage : malgré des écoutes répétées des enregistrement existants, on prend un plaisir certain à découvrir, au détour d’une page de la partition, un trait de flûte ou de harpe, un contre-chant au violon, une note piquée au xylophone.
Un autre aspect bien sympathique de cette production est l’utilisation des dessous de la scène pour entreposer l’imposant décor, qui apparaît de manière fort spectaculaire, soulevé par la machinerie, avant de se déployer sur une tournette qui occupe presque tout l’espace scénique. Dommage, du coup, de ne pas avoir relevé le défi de faire tous les changements de décor à vue au lieu de multiplier les interludes rideau baissé. (C’est l’un des défis de My Fair Lady d’arriver à faire les nombreux changements à vue. Le résultat peut être vraiment superbe lorsque la conception scénique y parvient.)
Mais ce n’est pas le le plus gros reproche à adresser à la mise en scène. On est bien plus peiné par la suppression pure et simple de la scène du bal, qui contient pourtant de superbes pages musicales. On ne sait pas très bien si cette suppression est motivée par des considérations budgétaires ou si elle est due à la “vision” du metteur en scène, axée en bonne partie sur l’émergence d’un sentiment amoureux entre Eliza et Higgins. Le livret de My Fair Lady — comme d’ailleurs le texte de Pygmalion de Shaw — laisse assez largement place à l’interprétation du lecteur sur ce sujet… mais Shaw a toujours considéré l’idée d’une relation amoureuse entre Eliza et Higgins comme ridicule, au point d’avoir écrit sur le sujet un essai généralement inclus dans les éditions de la pièce. (Pour Shaw, c’est clair : Eliza épousera Freddy Eynsford-Hill).
La distribution, si elle est uniformément remarquable sur le plan de la comédie, est beaucoup plus discutable sur le plan musical. C’est Katharina Straßer qui est la plus éprouvante car elle n’a pas du tout la tessiture appropriée pour chanter le redoutable rôle d’Eliza, malgré quelques transpositions à la baisse. Elle apporte de nombreuses modifications aux notes aiguës et parle dans des passages qui devraient être chantés. C’est dommage, car c’est effectivement une bonne comédienne. On s’explique un peu moins le choix de Lukas Perman car le rôle de Freddy se résume à chanter une chanson et on choisit généralement un ténor démonstratif, ce qui n’est pas son cas.
Fait remarquable : il y a au sein de la distribution pas moins de deux directeurs de théâtre. Le rôle de Higgins est en effet joué par Herbert Föttinger, qui co-dirige le vénérable Theater in der Josefstadt, tandis que le rôle de Mr. Doolittle est tenu par Robert Meyer, qui se trouve être le directeur du Volksoper. Ils sont tous les deux excellents.
Bonjour, je suis à la recherche de partitions d'orchestre de My Fair Lady. Pourriez-vous me dire où je pourrais les obtenir.
D'ores et déjà un grand merci.
Salutations
Corinne Schers
Rédigé par : Schers Corinne | 02 octobre 2008 à 11:07