Staatsoper, Vienne • 11.4.08 à 19h30
Richard Wagner (1843)
Direction musicale : Donald Runnicles. Mise en scène : Christine Mielitz. Avec Terje Stenvold (Le Hollandais), Eva Johansson (Senta), Klaus Florian Vogt (Erik), Ain Anger (Daland)…
Superbe représentation sur le plan musical : Runnicles (qui m’avait déjà enchanté il y a presque deux ans dans la 6ème de Bruckner) impressionne de bout en bout par sa maîtrise de la superbe partition de Wagner, qu’il colore d’une belle énergie dramatique. L’orchestre du Staatsoper (constitué, comme on le sait, de membres de la Philharmonie de Vienne ou de musiciens y aspirant) réalise une prestation éblouissante, notamment chez les bois et les cuivres, dont chaque solo est un bonheur.
Sur le plan vocal, on reste un peu sur sa faim. C’est le baryton-basse norvégien Terje Stenvold qui donne, de loin, la meilleure prestation dans le rôle du Hollandais. En Senta, Eva Johasson me fait exactement la même impression qu’en Brünnhilde à Aix et à Vienne : émission irrégulière et forcée, mal maîtrisée, qui se rapproche de temps en temps plus du cri que du chant. Je n’ai pas été très enthousiasmé non plus par l’Erik de Klaus Florian Vogt, dont la voix peu assurée a frôlé l’incident plus d’une fois.
De la mise en scène, on ne retiendra pas grand’ chose, si ce n’est l’idée curieuse de faire de Senta une sorte de Brünnhilde “bis” en remplaçant son saut dans la mer par une immolation. Décidément, les metteurs en scène n’ont pas l’air d’aimer cette fin, pourtant logique : à Munich, déjà, nous avions eu droit à une curieuse variante.
Vogt paraît peu assuré parce qu'il prend beaucoup de risque avec une émission qui fait la part belle à la voix mixte.
Je trouve ça superbe pour ma part, avec un magnétisme assez particulier, une voix d'un superbe bleu-vert.
Rédigé par : DavidLeMarrec | 26 avril 2008 à 13:37
> J’avoue que le coup du bleu-vert me laisse un peu sans voix, mais je te promets de plus faire attention la prochaine fois que je l’entendrai :-)
Rédigé par : Laurent | 01 mai 2008 à 01:02
Oui, j'ai tendance à associer les timbres à des formes, des couleurs, des saveurs. Après expérience, il y a des cas communément partagés (Jennifer Smith et son violacé ou son citron vert) et d'autres beaucoup moins.
Pour dire les choses un peu plus précisément, on pourrait dire que la voix mixte assure une voix moins chargée en harmoniques, plus limpide, plus proche de la clarinette que du violoncelle, disons.
Rédigé par : DavidLeMarrec | 01 mai 2008 à 13:44
> Je me souviens aussi aussi avoir été convaincu par ta description de la voix de Matthias Goerne, que tu qualifiais de "grise".
Rédigé par : Laurent | 05 mai 2008 à 00:56