Opéra d’Anvers • 16.3.08 à 15h
Francis Poulenc (1957)
Direction musicale : Jean-Claude Casadesus. Mise en scène : Robert Carsen. Avec Olga Pasichnyk (Blanche), Nadine Denize (Madame de Croissy), Lyne Fortin (Madame Lidoine), Annie Vavrille (Mère Marie), Hendrickje Van Kerckhove (Sœur Constance), Christian Tréguier (Le Marquis de la Force), Martial Defontaine (Le Chevalier de la Force), Guy de Mey (L’Aumônier),…
C’était la troisième fois que je voyais cette mise en scène sobre et efficace de Robert Carsen (après Amsterdam et Vienne). Ce n’était pas vraiment prévu, mais je souhaitais tenter d’effacer un souvenir mitigé. J’ai pourtant beaucoup hésité car ma dernière rencontre avec Jean-Claude Casadesus — que j’évite scrupuleusement depuis — n’avait pas été inoubliable. Même carrément déplaisante. Cela étant, Casadesus ayant la réputation de faire de belles choses dans le répertoire français, il m’a semblé que l’expérience méritait d’être tentée.
Eh bien le voyage valait le coup. J’avais la chance d’être au premier rang, juste au-dessus de l’épaule droite du maestro. Et j’ai été absolument enchanté par son interprétation de la partition de Poulenc. Les foisonnements de bois si caractéristiques de Poulenc étaient à défaillir de bonheur. L’Orchestre de l’Opéra des Flandres (de très bon niveau, même si un faux départ à la harpe n’est pas passé inaperçu) donne à Casadesus toutes les intonations, tous les contrastes, tous les effets qu’il lui demande avec des gestes d’une énergie étonnante… souvent accompagnés de grognements, quand ce n’est pas de sa propre interprétation de la mélodie. À l’entracte, je regarde la page du conducteur ouverte sur le pupitre : elle est bariolée en tous sens d’annotations rouges et vertes.
Du coup, je m’intéresse un peu moins à ce qui se passe sur scène, d’autant que l’acoustique, au premier rang, favorise nettement la fosse. Curieusement, ce sont les trois hommes (le Marquis de Christian Tréguier, le Chevalier de Martial Defontaine et l’Aumônier de Guy de Mey) qui m’ont le plus marqué. La Blanche d’Olga Pasichnyk est correcte mais un peu diaphane et un tantinet maniérée. Le Chœur est magnifique. Pour une fois, on comprend presque tout sans effort : l’avantage, sans doute, d’être dans un pays en partie francophone, même si Anvers est en contrée néerlandophone.
Le tableau final est magnifiquement réussi, que ce soit sur le plan musical ou sur celui de la mise en scène. Chapeau bas à Casadesus, qui “vit” la musique de Poulenc avec une intensité rare.
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