Warehouse Theatre, East Croydon, Londres • 19.1.08 à 20h
Musique, lyrics et livret : Rupert Holmes. D’après Charles Dickens.
Mise en scène : Ted Craig. Directeur musical : Stefan Bednarczyk. Avec Kit Benjamin (Mr Clive Pagett / John Jasper), Kate Feldschreiber (Miss Alice Nutting / Edwin Drood), Katherine O’Shea (Miss Diedre Perregrine / Rosa Budd), Susie Emmett (Miss Janet Connover / Helena Landless), Michael George Moore (Mr Victor Grinstead / Neville Landless), Nicola Delaney (Miss Angela Prysock / The Princess Puffer), Stefan Bednarczyk (Mr William Cartwright / The Chairman / The Reverend Crisparkle), Tim Messute (Mr Nick Cricker / Durdles)…
Charles Dickens est mort en 1870 en laissant inachevé son roman The Mystery of Edwin Drood, dont les six premiers épisodes seulement (sur douze) furent achevés et publiés (sous forme de feuilleton, ce qui était fréquent à l’époque). Dickens n’a laissé aucune indication de la façon dont il envisageait la résolution de son histoire. Nombreux sont ceux qui, au théâtre, au cinéma ou sous forme de roman, se sont essayés à l’exercice consistant à terminer Drood.
L’une de ces tentatives est une comédie musicale entièrement écrite par Rupert Holmes et créée à Broadway en 1985. Holmes rajoute une dimension amusante à son entreprise, puisqu’il interrompt l’action là où Dickens s’est arrêté et se tourne vers le public pour le faire voter sur l’issue de la pièce. Il a donc écrit autant de fins que d’issues possibles au vote du public, ce qui a toujours chagriné les collectionneurs de comédie musicale, car toutes les fins ne peuvent pas contenir sur le CD de l’œuvre.
The Mystery of Edwin Drood a longtemps été sur la liste des spectacles que je voulais voir absolument et mes vœux avaient été exaucés grâce à une excellente production vue en août 2003 au Bridewell Theatre de Londres (malheureusement fermé depuis, même s’il est rouvert occasionnellement pour accueillir de petits spectacles).
Rupert Holmes est relativement peu connu dans le monde de la comédie musicale car il a fait l’essentiel de sa carrière dans le domaine de la musique de variété ; il est notamment le producteur de l’un des albums de Barbra Streisand. Ce Mystery of Edwin Drood, qu’il a écrit seul, est selon moi un véritable délice. L’idée est de mettre en scène une troupe de “music-hall” victorien représentant une pièce tirée de l’histoire de Dickens. L’effet de théâtre dans le théâtre, comme toujours lorsqu’elle est bien maniée, fonctionne à merveille. La musique est superbe ; l’écriture, pleine d’humour. Et c’est le seul exemple que je connaisse où la participation du public se justifie.
La petite production de ce Warehouse Theatre, que je ne connaissais pas, est très agréable. Les comédiens sont très attachants, notamment Stefan Bednarczyk, qui cumule le rôle de chef d’orchestre avec celui du “Chairman”, le monsieur loyal de la soirée. C’est du côté musical que l’on est un peu déçu, car la qualité est un peu hétérogène et ce sont les acteurs eux-mêmes qui, lorsqu’ils ne sont pas en scène, se transforment en musiciens. Je me demande s’il n’aurait pas été préférable de représenter l’œuvre avec un accompagnement de piano seul.
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