Staatsoper, Vienne • 6.1.08 à 16h
Richard Strauss (1905). Livret de Hedwig Lachmann, d’après Oscar Wilde.
Direction musicale : Stefan Soltesz. Mise en scène : Boleslaw Barlog. Avec Camilla Nylund (Salomé), Michael Roider (Hérode), Janina Baechle (Hérodias), Morten Frank Larsen (Jochanaan), Marian Talaba (Narraboth)…
Excellente représentation, dans un décor qui fait furieusement penser à un Klimt ou, du moins, à une Judée vue à travers le prisme du mouvement Sécession. J’ai été particulièrement fasciné par la prestation de l’orchestre, dont on sent tout de suite qu’il est autrement plus dans son élément dans Strauss que dans Massenet. Il y a une merveilleuse férocité dans son interprétation, une passion communicative qui élève l’expérience à des sommets de félicité. Certains passages orchestraux (le retour de Jochanaan dans la citerne, la danse des sept voiles, l’accompagnement de la querelle des juifs) sont particulièrement superbes.
Sur scène, c’est le baryton soyeux de Morten Frank Larsen en Jochanaan qui m’a le plus emballé. La Salomé de la soprano finlandaise Camilla Nylund est tout à fait convaincante, grâce notamment à un bel engagement sur le plan dramatique. Elle n’a “que” le double de l’âge théorique de l’héroïne, ce qui lui permet d’être parfaitement crédible. Elle parvient aussi à soutenir l’intérêt pendant la danse des sept voiles. (Elle choisit curieusement de conserver le dernier voile, alors qu’elle porte en-dessous une combinaison couleur chair.) J’ai aussi beaucoup aimé Michael Roider, même s’il ne chante que médiocrement, parce qu’il va nettement au-delà de l’habituel minimum syndical en incarnant un Hérode clairement taré… puis consterné par le comportement de Salomé à la fin.
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