“The Little Mermaid”
Lunt-Fontanne Theatre, New York • 30.12.07 à 18h30 (avant-première)
Musique : Alan Menken. Lyrics : Howard Ashman et Glenn Slater. Livret : Doug Wright.
Mise en scène : Francesca Zambello. Avec Sierra Boggess (Ariel), Sean Palmer (le Prince Éric), Sherie Rene Scott (Ursula), Norm Lewis (le Roi Triton), Tituss Burgess (Sebastian), Eddie Korbich (Scuttle), Brian d’Addario (Flounder [standby]), John Treacy Egan (Chef Louis)…
Le bilan des productions Disney pour Broadway est mitigé : sur cinq tentatives (Beauty and the Beast (1994), The Lion King (1997), Aida (2000), Tarzan (2006) et Mary Poppins (2006) [qui est techniquement une coproduction]), seuls les deux premiers sont généralement considérés comme de grands succès, même si Aida a également trouvé son public avec le temps. Tarzan a déjà quitté l’affiche, et l’avenir de Mary Poppins semble incertain.
Proposer une adaptation scénique de The Little Mermaid fait courir le risque de monter un spectacle du type de ceux que Disney propose dans ses parcs d’attraction. Pour essayer d’éviter cet écueil, les producteurs ont fait appel à la metteuse en scène Francesca Zambello (dont j’ai vu récemment le Rebecca de Vienne, mais qui est active aussi dans le monde de l’opéra, par exemple avec ce Carmen) et au décorateur George Tsypin, dont le Война и мир du Met m’a enthousiasmé récemment.
J’avais entendu beaucoup d’échos négatifs de cette production. Beaucoup d’entre eux se focalisaient sur un point : pour simuler la “nage” des sirènes, l’équipe créative n’a rien trouvé de mieux que d’utiliser des “wheelies” “Heelys”, ces chaussures que portent les enfants et qui sont dotées de roues escamotées qui se mettent en action lorsque l’un des pieds est cambré.
C’est vrai que ce choix n’est pas nécessairement très heureux… mais, pour le reste, j’ai été surpris de trouver la production plutôt réussie. Bien sûr, cela reste du Disney et, si quelques rares passages font effectivement un peu trop penser à un spectacle pour parc d’attractions, beaucoup de scènes sont assez réussies, en partie grâce à la partition, en partie grâce à la conception visuelle.
La partition du dessin animé était signée par Alan Menken et Howard Ashman, grâce à qui Disney a retrouvé une seconde jeunesse à la fin des années 1980 et au début des années 1990 avec The Little Mermaid, Beauty and the Beast et Aladdin. Ashman est décédé depuis, et c’est Glenn Slater qui a fourni les lyrics pour les chansons supplémentaires nécessitées par cette production scénique. Dans l’ensemble, l’esprit original reste préservé.
Quant aux visuels de Tsypin, ils sont assez caractéristiques pour qui a vu, par exemple, le Ring du Mariinsky et je les ai trouvés tout à fait convaincants, avec juste ce qu’il faut de décalage pour ne pas tomber dans le piège de recréer l’esthétique du dessin animé à l’identique. Les lumières de Natasha Katz contribuent aussi beaucoup à créer une jolie atmosphère.
Ce n’est donc pas un chef d’œuvre, mais pas non plus le désastre que certains semblaient annoncer. Je ne pense pas que les critiques soient très complaisantes, mais je parierais bien sur un certain engouement du public. Ce spectacle le mérite en tout cas beaucoup plus que Tarzan.
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