Opéra Bastille, Paris • 24.12.07 à 18h
Richard Wagner (1845)
Direction musicale : Seiji Ozawa. Mise en scène : Robert Carsen. Avec Stephen Gould (Tannhäuser), Eva-Maria Westbroek (Elisabeth), Matthias Goerne (Wolfram von Eschenbach), Béatrice Uria-Monzon (Venus), Franz-Josef Selig (Hermann)…
J’avais très envie de revoir ce Tannhäuser tellement la première représentation m’avait enthousiasmé… et j’avais envie de voir enfin la mise en scène de Carsen.
Côté musique, on vogue sur des sommets au moins équivalents à ceux de la première : quelle partition, mais quelle partition ! Grand amour entre l’Orchestre et Ozawa, qui se font des mamours sans arrêt. C’est d’ailleurs la dernière représentation qu’Ozawa dirige : il laisse les deux dernières à un assistant. À la fin, le premier violon remet une sorte de Père Noël en peluche à Ozawa : il viendra saluer avec. Confirmation également que Goerne et Westbroek sont — dans des registres différents — deux des chanteurs les plus fascinants que j’aie entendus depuis bien longtemps. Ils enfoncent presque le reste de la distribution, pourtant de tenue très correcte, en particulier le Heinrich de Stephen Gould, qui fatigue un peu. Le Chœur s’illustre aussi par de très belles interventions, notamment dans le deuxième acte, sidérant de beauté.
Côté mise en scène, il faut reconnaître à Carsen un talent certain pour mettre en images une histoire dont l’interprétation littérale ne fournit quasiment aucun repère visuel évident. Là où Carsen est étonnant, c’est quand il parvient à rendre la musique encore plus envoûtante qu’au naturel. C’est le cas, notamment, du prélude du premier acte, qui était déjà magique lors de la Première, mais qui prend ici une dimension supérieure grâce à la mise en scène chorégraphique du Canadien, dont le sens de la composition visuelle est bluffant. Je ne suis plus un fan inconditionnel de Carsen depuis ça et ça, mais force est de constater qu’il atteint encore régulièrement des sommets éblouissants. Je ne comprends pas vraiment les quelques sifflets (vite étouffés par des bravos) lorsqu’il est venu saluer.
Commentaires