Royal Opera House, Londres • 15.12.07 à 16h30
Richard Wagner (1882)
Direction musicale : Bernard Haitink. Mise en scène : Klaus Michael Grüber. Avec Christopher Ventris (Parsifal), Petra Lang (Kundry), Falk Struckmann (Amfortas), Willard White (Klingsor), John Tomlinson (Gurnemanz)…
Je dois dire que je me sens assez privilégié d’avoir pu entendre un Parsifal dirigé par Haitink quelques jours après un Tannhäuser dirigé par Ozawa. Ils ont en commun un talent extraordinaire pour construire des lignes musicales d’une grande tension dramatique. On atteint des sommets, dans ce Parsifal : prélude du premier acte justifiant à lui seul le prix du billet (Haitink l’avait déjà interprété dans ce concert), incroyable scène de la Communion, d’une force liturgique exceptionnelle, ou encore magnifique scène du Vendredi-Saint. Évidemment, il faut se taper en contrepartie l’insupportable scène des filles-fleurs, dans laquelle Wagner semble prendre plaisir à faire piailler des voix aiguës pendant des heures. On sent d’ailleurs Haitink nettement moins inspiré dans le deuxième acte. La dimension quasi-mystique de sa direction revient dans l’acte 3.
Belle distribution, dans laquelle j’ai particulièrement aimé l’Amfortas de Falk Struckmann et la Kundry de Petra Lang. Je ne suis pas fasciné par John Tomlinson, dont je trouve qu’il donne un peu trop l’impression de faire des efforts — même si le résultat est plutôt réussi. J’ai beaucoup aimé aussi le Klingsor de Willard White : confier le rôle du magicien noir à un chanteur noir, il fallait oser, mais il est parfait (mais il n’est pas venu saluer). Christopher Ventris est un Parsifal un peu “tendre” et à la voix un peu indisciplinée, mais cela convient finalement assez bien à son personnage.
J’oublierai vite la mise en scène de Klaus Michael Grüber, épouvantablement statique. Certes, la Communion se prête bien à l’exercice, mais dans d’autres scènes (le duo de Parsifal et de Kundry à l’acte 2), on finit par se demander si les chanteurs ont pris racine. Les visuels sont intéressants, mais la lumière trop sombre empêche de voir des éléments cruciaux de l’action, comme la réaction de Parsifal pendant la Communion, ou encore la destruction de Klingsor à la fin de l’acte 2. Je ne suis pas très sûr, mais on dirait que les filles-fleurs ont été transformées en sirènes et que la scène se passe sous l’eau ; cela semble corroboré par l’immense requin qui pend au plafond de l’antre de Klingsor.
Commentaires