Opéra-Comique, Paris • 25.12.07 à 20h
Emmanuel Chabrier (1865, 1879)
Orchestre de chambre Pelléas, Benjamin Lévy. Avec Olivia Doray (Hélène), Jennifer Tani (Goulgouly, Gontran), Vincent Ordonneau (Fisch-Ton-Kan), Ronan Nédélec (Poussah/Kakao 62, Pausanias).
Après L’Étoile (que je n’ai pas pu voir pour cause de gros rhume), l’Opéra-Comique nous propose de découvrir d’autres facettes de Chabrier avec ces deux opérettes assez mythiques : Fisch-Ton-Kan, paroles de Verlaine, d’après le vaudeville de Sauvage et Lurieu, dont l’orchestration originale est perdue et qui a donc été donnée dans une orchestration nouvelle de Thibault Perrine ; et Une Éducation manquée, livret d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo (les librettistes de L'Étoile), dont un air n’est pas de Chabrier mais de Darius Milhaud, qui a fourni aussi plusieurs pages instrumentales, non représentées ici.
On est frappé tout de suite par le goût exquis de l’écriture de Chabrier, peut-être plus raffinée encore que dans la partition de L’Étoile. C’est particulièrement vrai dans Une Éducation manquée, absolument irrésistible, notamment dans l’écriture pour les bois.
Interprétation solide ; le baryton Ronan Nédélec se détache très nettement du lot par ses capacités interprétatives et la belle ampleur de sa voix. Benjamin Lévy, un protégé de Marc Minkowski (présent dans la salle), mène son monde avec un joli sens du rythme ; on observe cependant de temps en temps un certain décalage entre l’impulsion qu’il semble donner et le faible résultat obtenu.
En ouverture (et clôture… on n’en demandait pas tant) de programme, une nouvelle orchestration de La Bourrée fantasque par Thibault Perrine (Perrine comme Lévy sont liés à la compagnie Les Brigands, d’ailleurs issue à l’origine du Chœur des Musiciens du Louvre…) Le monde avait-il besoin d’une nouvelle orchestration de cette œuvre ? L’avenir le dira. Je suis trop attaché à la version pour piano pour me prononcer.
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