Imperial Theatre, New York • 30.12.07 à 14h
Tracy Letts
Mise en scène : Anna D. Shapiro. Avec Deanna Dunagan (Violet Weston), Amy Morton (Barbara Fordham), Sally Murphy (Ivy Weston), Mariann Mayberry (Karen Weston), Rondi Reed (Mattie Fae Aiken), Jeff Perry (Bill Fordham), Brian Kerwin (Steve Heidebrecht), Francis Guinan (Charlie Aiken), Madeleine Martin (Jean Fordham), Ian Barford (Little Charles), Munson Hicks (Beverley Weston [understudy/remplaçant]), Kimberley Guerrero (Johnna Monevata), Troy West (Sheriff Deon GIlbeau).
Le patriarche d’une famille de l’Oklahoma disparaît pour — on l’apprendra peu après — se suicider. La réunion de famille qui va suivre constitue le sujet de trois heures et demie de théâtre d’une intensité jubilatoire. Tous les ingrédients du drame familial à l’américaine sont réunis : la chaleur épouvantable qui contribue un peu à ramollir les cerveaux (on pense à Tennessee Williams), les secrets de famille plus ou moins bien dissimulés, les rebondissements disséminés au cours de l’histoire, le réconfort trouvé dans l’alcool et dans la drogue, la violence contenue qui n’attend qu’une étincelle pour prendre feu (on pense à Edward Albee)…
On pourrait objecter que tout cela n’est pas très économe sur le plan de l’écriture, qu’il y a trop de personnages, trop de nœuds à dénouer… mais c’est écrit avec une telle verve et, surtout, interprété avec tellement de brio — surtout par les comédiennes, car ce sont les femmes qui sont au premier plan — qu’on est scotché sur son siège, à l’affût, de peur d’en perdre une miette.
Le décor de Todd Rosenthal et les lumières d’Ann G. Wrightson fournissent à la pièce un écrin magnifique. Moi, j’adore. Je crois que je vais adopter une des répliques de la pièce pour mon usage personnel : “I’ve got the Plains” (avec le sens de “j’ai le blues”, en référence à la situation géographique du comté d’Osage, où se déroule l’action).
Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi les producteurs éprouvent le besoin de fournir un arbre généalogique de la famille dans le programme : il y a certes du monde sur scène, mais l’identité des protagonistes est toujours très clairement établie.
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