23.11.07
D’abord, on lit cette ahurissante interview de Gustav Leonhardt : “Le professionnel ne joue pas pour lui mais pour les autres, ceux qui sont venus, ont garé leur voiture, payé leur billet. Il doit être expressif, mais pas enthousiasmé par ce qu'il joue.” Pas enthousiasmé par ce qu’il joue ?? Pas enthousiasmé par ce qu’il joue ????
Puis on lit ce merveilleux récit de Kenneth Woods qui, outre l’amusante anecdote qu’il rapporte, est l’un des plus jolis textes sur l’interprétation musicale que j’aie lu depuis longtemps. (Désolé, il faut lire l’anglais.)
Et c’est comme se réveiller d’un horrible cauchemar, couvert de sueur mais heureux de constater que l’on n’est pas en train de se faire découper en rondelles par un monstre gluant muni d’une tronçonneuse mais au chaud dans son lit dans son petit chez soi qu’on aime tant.
Il y a longtemps que je ne me faisais plus d’illusion sur les baroqueux, mais tout de même… Le commentaire de l’ami zvezdo entre directement au panthéon.
Tirer une généralité sur "les baroqueux" à partir de quelques propos de Leonhardt me semble légèrement excessif...
Quant au fond, Elisabeth Schwarzkopf ne disait pas autre chose : un interprète ne doit pas se laisser envahir par l'émotion suscitée par l'oeuvre qu'il joue, au risque de ne plus pouvoir la transmettre à l'auditeur.
Mais il est vrai que Leonhardt n'arrive pas à transmettre une quelconque émotion à ses auditeurs !
Rédigé par : Philippe[s] | 24 novembre 2007 à 09:53
> Désolé, Philippe[s], je ne résiste jamais à donner un petit coup de griffe aux baroqueux. C’était d’autant plus d’actualité cette semaine que j’ai brièvement songé au suicide après avoir écouté les morceaux choisis de Castor et Pollux par William Christie chez Harmonia Mundi.
Rédigé par : Laurent | 24 novembre 2007 à 13:47