Novello Theatre, Londres • 3.11.07 à 20h
Musique et lyrics : Blondie. Livret et concept : Peter Michael Marino, d’après le scénario du film de la MGM. Chanson additionnelle : Deborah Harry et Chris Stein.
Mise en scène : Angus Jackson. Direction musicale : Matt Brind. Avec Kelly Price (Roberta Glass), Emma Williams (Susan), Jonathan Wrather (Gary Glass), Mark McGee (Jay Shea), Alec Newman (Dez)…
Faire du film Desperately Seeking Susan une comédie musicale est une curieuse idée. Vouloir le faire en utilisant (presque) uniquement des chansons existantes de Blondie, c’est se créer un champ de contrainte insoluble, car les chansons en question, outre qu’elles ne sont pas passionnantes, n’ont aucune chance de nous dire quoi que ce soit de pertinent sur les personnages de la pièce ou sur les événements qui y sont présentés.
Du coup, tout cela est fort artificiel. Desperately Seeking Susan est la énième comédie musicale londonienne à s’appuyer sur le “catalogue” d’un chanteur ou d’un groupe en l'associant à une histoire plus ou moins indigente. C’est à cause de ce type de spectacle que j’ai arrêté d’aller voir toutes les nouveautés en matière de comédie musicale : mon seuil de tolérance aux spectacles médiocres a beau être assez élevé, il y a des limites.
(Il peut arriver, néanmoins, qu’un spectacle construit sur ce principe soit une franche réussite : ce fut le cas, il y a quelques années, de Our House, qui utilisait le catalogue de Madness.)
Il ne reste donc pas grand’ chose à apprécier de ce spectacle lorsqu’on écarte les chansons trop amplifiées et les scènes indigentes sur le plan dramatique, qui ne parviennent que très rarement à créer des situations vaguement intéressantes. Et on se demande vraiment pourquoi les producteurs pensent que toutes les références à la vie de banlieue dans le New Jersey ont la moindre chance d’être comprises — et encore moins appréciées — par un public londonien.
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