Salle Pleyel, Paris • 8.10.07 à 20h
Mozart : air de concert “Misero ! O sogno, o son desto ?”
Bellini :
– Quattro Sonetti (n°2) : “La Ricordanza”
– Bianca e Fernando : “All’udir del padre afflito”
Rossini :
– “L’orgia”
– Guglielmo Tell : Récitatif et “O muto asil del pianto”
– Prélude pour piano seul
– Elisabetta regina d’Inghilterra : “Deh ! troncate”
Tosti : trois mélodies
Verdi : Rigoletto
– “Questa o quella”
– “Parmi veder le lagrime”
– “La donna è mobile”
En bis :
– Cabalette de “Parmi veder le lagrime”
– Doña Francisquita : “Por el humo se sabe” (zarzuela)
– “Júrame” (chanson sud-américaine)
– La Fille du régiment : “Ah ! mes amis, quel jour de fête !”
(Vincenzo Scalera, piano)
Impression mitigée : voilà un garçon dotée d’une voix comme on n’en croise pas tous les jours, d’une puissance étonnante (j’en ai mal aux tympans, alors que les symphonies de Bruckner ne m’affectent nullement de ce côté-là), d’une régularité d’émission presque surnaturelle, d’une homogénéité parfaite dans tous les registres, sauf peut-être l’hyper grave, et d’une précision déroutante quand il s’agit d’aller atteindre des notes aiguës d’un bond assuré.
D’un autre côté, même en mettant de côté mon affinité modérée pour le bel canto, j’ai trouvé assez peu d’émotion dans ce feu d’artifice vocal. D’une certaine façon, le récital donne presque trop la possibilité à l’interprète de soigner ses phrasés, de peaufiner ses effets, de chercher à “faire joli”, en somme. Du coup, on a un peu l’impression que tout cela est trop policé, presque trop parfait. Ça manque un peu de nuances et beaucoup de spontanéité.
Il n’en reste pas moins que le bonhomme est bougrement séduisant. Impossible de ne pas tomber sous le charme de ses allures de gendre idéal et son sourire de jeune premier. Il fait d’ailleurs un tabac chez les mamies équipées d’appareils photos, assez nombreuses autour de moi.
Impossible également de ne pas succomber à la générosité avec laquelle il enchaîne les bis, alors que la salle a pourtant commencé à se vider. Je suis littéralement resté sans voix lorsqu’il a attaqué le grand air de La Fille du régiment en quatrième bis : la voix était toujours parfaite. C’était au moins aussi réussi que sur scène. Pendant le neuvième et dernier contre-ut, Flórez se tourne vers le public assis à l’arrière-scène tout en tenant la note, puis se tourne à nouveau vers l’avant pour terminer : bluffant !
Je ne résiste pas, pour ceux qui n’auraient pas encore vu la chose, au plaisir de vous présenter cet enregistrement d’un très jeune Flórez (très reconnaissable à cause non seulement de son physique mais aussi de sa gestique) dans un registre, disons, un peu différent :
Le producteur de la série des Grandes Voix trouve nécessaire de faire payer les programmes, admettons. Mais qu’il n’y ait qu’une vendeuse (la même tête à claques qu’au Théâtre des Champs-Élysées) pour toute la Salle Pleyel… alors là, non, désolé, mais c’est grotesque. À l’entracte (parce que, bien sûr, rien n’indiquait avant d’entrer dans la salle qu’il n’y aurait pas de programmes ailleurs que dans le hall, donc tout le monde est entré sans s’arrêter chez Madame Tête à Claques), des centaines de spectateurs se sont rués sur elle comme de pauvres affamés sur la dernière saucisse disponible à dix kilomètres à la ronde en période de rationnement. Et c’était vraiment chacun pour soi. Je n’ai pas compté le nombre de coups de sac à 2000 euros que j’ai pris dans l’estomac.
Il ne plaît qu'aux mamies et aux gays ! Comme moi !! :p
Font un peu les radins ces temps-ci, à Pleyel, ou je rêve ? (la dernière fois, j'ai eu un programme gratuit au TCE, c'est tellement rare que plein de monde a dû rebrousser chemin, ayant auto-zappé le gars qui tendait désespérément le truc) En plus, ils ont relâché Madame Tête à Claques de sa réserve naturelle, mon dieu mon dieu (avec ses gros yeux, c'est bien ça ?).
Mort de rire pour les coups de sac à 2000€, je n'eusse pas écrit mieux :) (j'ai subodoré le trop-de-bel-canto-beurp, et ai mis un entretien d'embauche juste avant, pour ma part ; et puis les prix étaient trop élevés pour une telle association de malfaiteurs italiens, faut pas déconner non plus >_< ).
Rédigé par: palpatine | 09 octobre 2007 at 12:57
Je reviens ce soir de la même salle où j'ai emmené une de mes filles (9 ans) écouter la sur -dopée Sarah Chang (à quelle substance illicite fonctionne-t-elle ?) jouer avec l'excellent English Chamber Orchestra les quatre saisons de Vivaldi. Même poème sur le programme : payant (5 Euros), ce "programme" ressemble à une plaquette fait par le bureau des élèves d'une école de commerce de 4ème zone fait à la va-vite au service repro... Ma fille était tout de même émerveillée, avec, en prime un autographe de Sarah Chang (elle n'a même pas écrabouillé son stylo ou transpercé le papier en signant...). Très belle femme au jeu effrayant…
Rédigé par: Philippe Delaide | 09 octobre 2007 at 23:58
palpatine > C’est sans doute le producteur du spectacle qui décide si le programme est gratuit ou payant. Les programmes des orchestres de Radio-France ou de l’Orchestre de Paris sont toujours gratuits. Pour les concerts de Janine Roze Productions ou des “Productions Internationales Albert Sarfati” (j’adore ce nom), les programmes sont toujours payants.
Philippe D > Le programme d’hier — 5 euros aussi — était à peu près de la même qualité. C’est un peu du racket, quand même : au récital plus qu’ailleurs, on risque d’être perdu, sans programme. Du coup, dépense quasi obligée, qui s’ajoute à un prix de billet déjà élevé…
Rédigé par: Laurent | 10 octobre 2007 at 01:40
Hey Philippe, on s'est croisé alors ! Pas eu le courage d'aller claquer la bise à la Chang, en plus il y avait personne quand j'y étais, mais le temps que je récupère mon sac (côté impair), la queue de fans était bien là (j'ai croisé quelques filles pas bien vieilles, mais laquelle était-ce ? Aucune n'avait l'air aquatique ni rêveuse... :/) (sinon, bein j'ai pondu une note entre-temps, j'y renvoie tout le monde, sur les programmes comme sur la Chang ;) )
Rédigé par: palpatine | 11 octobre 2007 at 08:35