Tate Modern, Londres • 30.10.07 à 13h30
Louise Bourgeois est née en 1911 en France puis elle a vécu toute sa vie adulte aux États-Unis. Mais son œuvre semble profondément ancrée dans ses années d’enfance. C’est un bonheur d’entendre sa voix sur l’audioguide proposé par le musée. On y sent une femme volontaire (au délicieux accent français), dont la voix assurée contraste avec la difficulté apparente à mettre des mots sur ses créations.
Au début de sa carrière, on est fasciné par ses “personnages”, sculptures conçues indépendamment les unes des autres, mais destinées à être vues en groupes. Outre l’invention formelle, nourrie notamment par l’utilisation de matériaux “trouvés”, on y reconnaît déjà le thème de la famille (au sens très large), qui traverse l’œuvre de Bourgeois, ainsi que l’utilisation d’un langage d’inspiration géométrique pour représenter ce qui est décrit comme des sujets humains. (La photo ne provient pas de l’exposition.)
À l’autre extrémité de sa carrière, les “cellules” sont des installations complexes aux dimensions parfois monumentales, qui retiennent l’attention autant par leur vocabulaire original et homogène à la fois que par leur capacité à nous “parler”. De quoi, on n’en est jamais très sûr, mais il est difficile de rester indifférent.
Entre les deux, des sculptures qui explorent une grande variété de matières et de formats, mais qui ont en commun la récurrence de formes organiques, généralement lisses et sphériques, que les commentateurs décrivent comme des appendices sexuels un peu difficiles à catégoriser. Peut-être… mais j’aime aussi à penser que ces formes sont comme la fenêtre que Bourgeois nous ouvre sur un monde où ces références sexuelles ne sont pas forcément pertinentes, un monde dans lequel elle vit avec une intensité remarquable depuis 95 ans, celui de l’enfance.
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