Palais Garnier, Paris • 23.9.07 à 14h30
Richard Strauss (1942). Livret de Clemens Krauss et Richard Strauss.
Mise en scène : Robert Carsen. Direction musicale : Harmut Haenchen. Avec Solveig Kringelborn (la Comtesse), Olaf Bär (le Comte), Charles Workman (Flamand), Tassis Christoyannis (Olivier), Jan-Hendrik Rootering (La Roche), Doris Soffel (Clairon)…
Je crois bien que Capriccio est, parmi les opéras du 20ème siècle, celui qui me transporte le plus. Cette partition est un sublime émerveillement d’un bout à l’autre, surtout quand elle est confiée au merveilleux Harmut Haenchen, qui m’avait déjà enthousiasmé dans la même œuvre à Amsterdam il y a un peu plus d’un an. La musique n’est qu’une succession de vagues voluptueuses qui prennent littéralement aux tripes.
Et puis il y a cette hallucinante mise en scène de Robert Carsen, déjà vue en 2004 avec Renée Fleming dans le rôle principal : Carsen s’y amuse, comme souvent (Les Contes d’Hoffmann, Tosca), à créer de vertigineuses mises en abîme en mettant une scène sur la scène. C’est époustouflant de virtuosité et c’est d’une efficacité dramatique sans égal, notamment dans les derniers instants de la scène finale, qui ont encore une fois déclenché aujourd’hui chez moi d’incontrôlables manifestations lacrymales.
Distribution solide sans être inoubliable : la Comtesse de Solveig Kringelborn est attachante ; elle se débat cependant avec des aigus un peu fins et on aimerait la voir plus perturbée dans la scène finale. Très belle performance de Charles Workman dans le rôle de Flamand. On retrouve une fois de plus Jan-Hendrik Rootering, apparemment abonné au rôle de La Roche : il a fait sensation dans son grand air, qui était d’une belle intensité. Déception en revanche du côté de la Clairon de Doris Soffel, qui manque d’envergure vocale.
Les ensembles sont magnifiques : le trio du sonnet, l’octuor, l’air des huit valets… Tous sont conduits avec un panache irrésistible par Harmut Haenchen. Quelle musique somptueuse !
Amen Laurent!
Nous avons globalement vécu cette distribution de la même façon, mais surtout : Dieux quelle musique!!!
A penser que la réponse à la question du sujet est évidente de par la partition...
(Je voudrais bien la robe du tableau final)
Rédigé par : Lea | 23 septembre 2007 à 20:13
> Il est vrai que la “question” au centre du livret reçoit finalement sa plus évidente réponse de l’œuvre elle-même. C’est, à y bien réfléchir, d’une grande logique pour une œuvre qui fait de l’autoréférentialité l’un de ses ressorts principaux. (Vu sous cet angle, la mise en abîme organisée par la mise en scène n’en paraît d’ailleurs que plus géniale.)
Rédigé par : Laurent | 23 septembre 2007 à 21:47