Menier Chocolate Factory, Londres • 26.8.07 à 15h30
Musique : David Shire. Lyrics : Richard Maltby, Jr. Livret : John Weidman.
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Mise en scène : Sam Buntrock. Direction musicale : Caroline Humphris. Avec Sam Kenyon (Wilbur Wright), Elliot Levey (Orville Wright), Michael Jibson (Charles Lindbergh), Sally Ann Triplett (Amelia Earhart), Ian Bartholomew (George Putnam), Clive Carter (Otto Lillienthal), Christopher Colley, Ian Conningham, John Conroy, Helen French, Edward Gower, Kaisa Hammarlund.
Le duo Maltby & Shire est connu pour deux œuvres données à Broadway (Baby et Big) et pour deux revues créées Off-Broadway (Closer Than Ever et Starting Here, Starting Now). Ils ont créé une relative surprise en annonçant que leur nouvel opus serait créé dans ce petit théâtre de Londres auquel tout semble réussir, le Menier Chocolate Factory.
Take Flight est une œuvre conceptuelle consacrée à la passion pour l’aviation de trois pionniers : les frères Wright, Charles Lindbergh et Amelia Earhart. À la façon d’Assassins, elle déroule leurs destins en parallèle, de manière non-linéaire, jusqu’à ce que le deuxième acte vienne créer la synthèse.
On peut trouver des défauts ici et là, notamment dans le développement inégal des personnages, mais il y a quelque chose de rafraîchissant, pour ne pas dire enthousiasmant, à voir ainsi le travail de véritables artisans du genre musical, qui connaissent intimement la tradition dans laquelle ils s’inscrivent sans avoir peur bien sûr de faire évoluer la forme lorsque c’est nécessaire.
Car la qualité d’ensemble est assez bluffante, que ce soit dans la partition magnifique de David Shire, qu’il a orchestrée lui-même avec brio pour un petit orchestre de huit musiciens, ou dans les lyrics de Richard Maltby, qui prend plaisir à enchaîner les rimes un peu décalées. Le livret de John Weidman aurait sans doute besoin d’être encore un peu travaillé, mais il y a quand même suffisamment de matière pour construire un bel édifice dramatique.
La production est magnifique et bénéficie d’une distribution solide et homogène. Sally Ann Triplett, qui a la chance de jouer le rôle le mieux écrit, celui d’Amelia Earhart, est particulièrement remarquable.
Un tel niveau d’ensemble est tellement inhabituel de nos jours que l’on pardonne bien volontiers les petites maladresses : c’est de la très belle ouvrage.
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