DVD • 13.8.07 à 21h
Walter Lang (1960).
Can-Can est l’avant-dernière comédie musicale écrite par Cole Porter pour Broadway (sur un livret d’Abe Burrows). Comme beaucoup de ses œuvres précédentes, elle rend un hommage vibrant à Paris, une ville chère à son cœur. Cole Porter y fait montre de sa maestria habituelle tant dans l’écriture de la musique que dans celle des lyrics (qui d’autre ferait rimer “prayers” et “derrières” ?)
Créée en 1953, elle tiendra l’affiche deux ans et fera une star de Gwen Verdon, qui ne tenait pourtant que le second rôle féminin. (Tout le monde a oublié Lilo, la comédienne française qui tenait le premier rôle. Un article récent — je n’arrive plus à me souvenir dans quelle publication — nous apprenait que Lilo a épousé un riche Américain, s’est rapidement retirée de la scène et vit toujours paisiblement à Manhattan.)
Le spectacle n’a été revu à Broadway que très brièvement en 1981 à l’occasion d’une reprise mise en scène et chorégraphiée par Roland Petit, mettant bien sûr en vedette la formidable Zizi Jeanmaire. Le spectacle ne sera guère prisé par les critiques (bien que la critique de Frank Rich, du New York Times, que l’on peut lire ici [il faut être inscrit — c’est gratuit], fasse plutôt envie) et fermera ses portes après seulement cinq représentations. Une version “en concert” a également été donnée en 2004 dans la série des “Encores!”, qui permet de retrouver des œuvres du passé l’espace de quelques représentations.
Le spectacle est aussi devenu un film, réalisé par Walter Lang en 1960 pour la Fox. L’histoire, réécrite, n’est guère plus intéressante que celle de l’œuvre originale. Mais le film a beaucoup d’autres vertus. Avant tout, il réunit un quatuor de comédiens mythiques : Shirley MacLaine, Frank Sinatra, Maurice Chevalier et Charles Jourdan. Et puis il y a les formidables chorégraphies de Hermes Pan, l’inventeur du style aérien de Fred Astaire, particulièrement remarquables dans deux grands tableaux dansés : “Apache Dance” et “Garden of Eden” (ce dernier exploitant la plus merveilleuse convention de la comédie musicale cinématographique : un rideau s’ouvre dans un petit cabaret et révèle une scène vingt fois plus grande que la salle).
Musicalement, le film repose solidement sur la superbe partition de Cole Porter (“I Love Paris”, “C’est Magnifique”, “It’s All Right With Me”…), complétée de chansons écrites pour d’autres spectacles : “You Do Something To Me” (écrite pour Fifty Million Frenchmen), “Let’s Do It” (écrite pour Paris), “Just One of These Things” (écrite pour Jubilee). En outre, le DVD récemment publié nous propose la version dite “Roadshow”, qui contient, outre le film, une ouverture, une musique d’entracte et une “exit music” (musique de sortie), trois arrangements superbes de thèmes tirés de la partition. C’est magnifique.

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