Teatro Comunale, Florence • 23.6.07 à 20h30
Richard Wagner (1869).
Orchestre du Mai Musical Florentin, Zubin Mehta. Mise en scène : Carlos Padrissa pour La Fura dels Baus. Avec Juha Uusitalo (Wotan), Ilya Bannik (Donner), Germán Villar (Froh), John Daszak (Loge), Franz-Josef Kapellmann (Alberich), Ulrich Ress (Mime), Matti Salminen (Fasolt), Stephen Milling (Fafner), Anna Larsson (Fricka), Sabina von Walther (Freia), Christa Mayer (Erda), Sivia Vázquez (Woglinde), Ann-Katrin Naidu (Wellgunde), Hannah Esther Minutillo (Flosshilde).
Cette production de Rheingold, créée il y a quelques semaines à Valence, au tout nouveau Palau de les Arts, est un régal pour les yeux. La mise en scène de La Fura dels Baus, comme c’était déjà le cas pour ce spectacle au Palais Garnier il y a quelques mois, est d’une invention réjouissante, avec des visuels particulièrement originaux, qui s’appuient en partie sur de magnifiques projections.
Dès le début, le ton est donné. Sur le rideau noir, des rais de lumière, d’abord isolés, puis plus nombreux et foisonnants. Un curieux bouillonnement : c’est à la naissance de la vie que nous assistons, rien de moins. Une vie qui va constituer le trésor que les protagonistes se disputent. Les Filles du Rhin, placées dans trois cubes de plexiglas remplis d’eau, sont les génitrices de ce souffle vital. Lorsque Alberich ôte les bondes des cubes, il dépouille les Filles de leur progéniture et va construire dans son antre une impressionnante usine à êtres humains. Toute la scène du Niebelheim est la plus impressionnante sur le plan visuel.
Il n’y a pas que des idées géniales et des réussites incontestables dans la mise en scène, mais cette effervescence et ce bouillonnement d’idées sont très stimulants.
La distribution est très correcte : le Wotan de Juha Uusitalo (déjà vu dans Le Vaisseau fantôme à Munich) est tout en puissance. J’ai beaucoup aimé la Flosshilde de Hannah Esther Minutillo, déjà vue dans La Clémence de Titus et dans Le Journal d’un disparu au Palais Garnier. Comme d’habitude, l’intervention magnifique d’Erda (Christa Mayer) est un moment de grâce.
Quant à Zubin Mehta, on ne peut pas dire qu’il imprime une marque très forte sur la partition de Wagner. Son interprétation est un peu monocorde et elle manque de contrastes. L’orchestre s’en sort très bien, notamment les pupitres de cuivres, mis à l’épreuve par les difficultés techniques. On aimerait toutefois un peu plus de feu. Deux harpes seulement à la fin, c’est très insuffisant.
Mon seul regret est de ne pas pouvoir assister à une représentation de Die Walküre. Attendons que le cycle complet soit repris à Valence lorsque les deux autres épisodes auront été créés.
Je ne l’ai pas fait exprès, mais mon hôtel se trouve Vicolo dell’Oro (allée de l’or). Quelle homogénéité thématique !
En bonus, quelques photos de Florence.
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