Palais Garnier, Paris • 7.5.07 à 19h30
“Création chorégraphique” de Robyn Orlin sur l’ode pastorale de Haendel. Orchestre et Chœur des Arts Florissants, William Christie. Avec Kate Royal (soprano), Toby Spence (ténor), Roderick Williams (basse), Eric Price (soliste du Tölzer Knabenchor). Et Nicolas Le Riche, Yann Bridard, Alice Renavand, …
J’étais prévenu, donc je savais que je m’aventurais en terre risquée. La chorégraphie est en effet un grand méli-mélo de n’importe quoi qui donne en permanence dans l’humour potache mal contrôlé ; il y a bien quelques belles images vers la fin, mais il y a longtemps que l’on ne fait plus vraiment attention à ce qui se passe sur la scène… Les rares fois où j’ai réussi à comprendre le lien entre les visuels et l’œuvre, je n’en ai été que plus consterné par l’indigence de la lecture de la chorégraphe.
Mais — car il y a un mais — cette représentation a été pour moi une révélation sur le plan musical. La partition de Haendel m’a absolument scotché de bonheur. La musique se fait tour à tour bondissante, mélancolique, colorée… Le Messie n’est pas loin ; l’un des thèmes fait assez furieusement penser à l’“Hallelujah”. C’est d’ailleurs aussi le moment où la chorégraphie est regardable.
Magnifique interprétation par les Arts Florissants, sous la direction d’un William Christie touché par la grâce. Le chœur, assis aux premiers rangs, se lève et se retourne vers la salle pour chanter — je n’ai pas réussi à voir s’il y avait un retour vidéo de Christie quelque part. Chacune de ses interventions m’a donné la chair de poule tellement les ensembles étaient expressifs. Très jolies choses également du côté des solistes — les deux hommes, en particulier, sont remarquables… et le garçon est épatant : il se lance dans les difficultés techniques avec une bravitude un courage dont il est toujours récompensé.
Bref, ça valait largement le coup malgré tout. Si seulement mon voisin de droite avait pu s’empêcher de crier au scandale (à voix basse à sa femme) toutes les trente secondes, mon bonheur aurait été parfait.

Clairement, le Haendel, c'est que du bonheur (comme d'hab), mais ça m'a tellement déconcentré cette masquarade sur scène, que je n'ai même pas pu l'apprécier. Si ça repasse en version de concert quelque part (c'est un oratorio, bordel, pas un opéra !), je m'y précipiterai sans hésitation. J'étais à la première, z'étaient peut-être pas super bien chauffé, mais l'interprétation n'était pas parfaite (il en fallait peu ceci dit pour y arriver). Le coeur était effectivement efficace, à se retourner brutalement. Y'avait de bonnes idées, mais mises bout à bout, c'était vraiment du nawak absolu (et ce racolage sur la fin, vraiment, je ne m'en remet pas -_-).
Bon, en tout cas, il t'en faut peu pour être heureux ;) (sérieux, un opéra où tu regardes pas sur scène, c'est au moins la moitié du billet remboursable :D ).
Rédigé par : palpatine | 08 mai 2007 à 05:09
> Ce n’était pas classé dans “opéra” mais dans “ballet”, dans le programme de la saison. Cela étant, ça ne change rien à ta conclusion.
Contrairement à toi, j’étais tellement envoûté par la musique que ce qui se passait sur scène devenait vraiment secondaire. Et, pour nuancer tes propos sur “quand on a rien à montrer, on met du cul“, c’est quand même très courant que les danseurs soient en petite tenue dans la danse contemporaine. Vu les corps sculpturaux qu’ils ont, je ne trouve vraiment pas cela indécent ; au contraire.
Rédigé par : Laurent | 08 mai 2007 à 12:21
Mais tu es bien placé pour savoir que je n'ai rien contre le nu, hein, c'est une expression copyrighté par ma momon ça ;) N'empêche que (cul => rien à montrer) <=/=> (rien à montrer => cul). Donc : on montre du cul quand on n'a rien à montrer, mais ce n'est pas parce que l'on montre des postérieurs que l'on n'a rien à montrer. Et en plus, je ne me suis pas plaint du corps plus qu'appétissant de la pourtant catholique Alice Renavand, bien au contraire (d'ailleurs, c'est à cause d'elle que j'ai dû coup enduré tout ce qui se passait sur scène ; limite faudrait faire comme les Allemands dans ces cas-là, et mettre des moches sur scène, pour le bien de la musique, quitte à saboter la chorégraphie).
Sinon c'est effectivement présenté comme un semi-ballet semi-opéra, question tarification itout, comme "Da Gelo a gelo" ou le "Orphée Et Eurydice" de la saison prochaine (qui d'ailleurs, serait en langue allemande d'après le programme, entre le Français et l'Italien, ils ont tranche en réécrivant le livret ? ^^).
Rédigé par : palpatine | 10 mai 2007 à 00:11