Gielgud Theatre, Londres • 14.3.07 à 19h30
Peter Shaffer (1973).
Mise en scène : Thea Sharrock. Avec Richard Griffiths (Martin Dysart), Daniel Radcliffe (Alan Strang), Jonathan Cullen (Frank Strang), Gabrielle Reidy (Dora Strang), Jenny Agutter (Hesther Saloman), Joanna Christie (Jil Mason), Colin Haigh (Harry Dalton), Will Kemp (The Young Horseman & Nugget)…
Les hasards de la programmation me permettent de voir, le même jour, deux pièces mettant en vedette des stars de la série des Harry Potter : après Maggie Smith dans The Lady From Dubuque, voici donc Harry Potter lui-même, alias Daniel Radcliffe.
Incontestablement, Radcliffe veut montrer qu’il a grandi, mûri… et qu’il est capable de s’attaquer de manière convaincante à un rôle plus que difficile. Equus est une pièce un peu mythique de Peter Shaffer, qui devait connaître quelques années plus tard un succès planétaire avec sa pièce Amadeus. Ayant entendu parler d’un fait divers dans lequel un adolescent avait gravement blessé des chevaux, Shaffer a voulu imaginer par quel enchaînement de circonstances cela avait été possible.
La pièce est construite autour de séances successives entre Alan Strang (Radcliffe), un adolescent de 17 ans qui a crevé les yeux de six chevaux et son psychiatre le Docteur Dysart, joué avec une grande maestria par Richard Griffiths, rendu célèbre par son rôle dans la pièce The History Boys (et qui, accessoirement, loge dans le même hôtel que moi).
Le récit de Strang prend vie grâce à de superbes visuels de John Napier (déjà à l’origine de la conception scénique de la production originale en 1973). Petit à petit, les pièces du puzzle s’assemblent, comme dans une intrigue policière… jusqu’aux deux superbes résolutions qui couronnent chacun des deux actes. C’est, encore une fois, du théâtre merveilleusement écrit et construit… qui sait où il va, comment il y a va et pourquoi il y va.
Richard Griffiths joue très bien l’ambivalence du psychiatre qui aide depuis toujours les enfants “à problèmes” mais qui n’est pas très clair lui-même dans sa tête. Un rôle finalement très proche de celui qu’il interprétait dans The History Boys.
Quant à Daniel Radcliffe, il se donne à corps perdu dans un rôle qui lui impose d’être presque tout le temps en scène, avec des passages qui demandent beaucoup d’énergie et une scène finale qu’il doit jouer nu pendant cinq bonnes minutes. (En outre, c’est mercredi ; il jouait donc pour la deuxième fois). Sa prestation n’est pas inoubliable, mais elle est loin d’être indigne. On le sent encore un peu tendre. Il a notamment besoin d’apprendre à mieux placer sa voix. Mais on ne peut qu’admirer une telle envie de se dépasser… et de dépasser un rôle auquel le risque était grand qu’il reste identifié sa vie durant.
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