Théâtre des Champs-Élysées, Paris • 1.2.07 à 20h
Orchestre National de France, Neeme Järvi.
Sibelius : Finlandia
Bartók : concerto pour violon n°2 (Viktoria Mullova, violon)
Chostakovitch : symphonie n°11, “l’année 1905”
Je crois que c’était la première fois que je voyais Neeme Järvi diriger… et j’ai le sentiment que lui aussi fait partie de ces chefs septuagénaires (ou quasi-septuagénaires) touchés par la grâce.
La première partie, rondement menée, a permis de s’habituer à la luxuriance sonore de l’orchestre, en forme olympique. Je n’ai pas été emballé par Viktoria Mullova, qui semble avoir du mal à trouver des sources de plaisir dans le concerto de Bartók (et dont les orteils nus et mobiles étaient un peu perturbants).
J’avais déjà entendu la onzième de Chostakovitch il y a trois semaines par l’Orchestre de Paris et l’expérience m’avait emballé. Mais cette seconde exposition à l’œuvre fut encore plus enthousiasmante. Järvi a été l’élève de Mravinsky, considéré par beaucoup comme l’interprète de référence des symphonies de Chostakovitch. Il en a hérité une gestique sobre mais redoutablement efficace et un goût pour les contrastes dynamiques marqués. Järvi a construit avec l’orchestre une magnifique fresque héroïque avec juste ce qu’il faut d’effets… sans jamais se départir d’une parfaite clarté dans la texture musicale. L’ONF, malgré quelques péripéties marginales (dont un vraisemblable problème d’anche au cor anglais), semble lui aussi touché par la grâce ; il a été éblouissant de bout en bout.
À quelques places de moi, Paavo (ou son sosie) regarde son père avec une émotion mêlée d’admiration. De temps en temps, ses mains ont un soubresaut, puis il croise les bras comme pour les arrimer.
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