Opéra Bastille, Paris • 25.1.07 à 19h30
Jacques Offenbach (1881). Livret de Jules Barbier.
Orchestre de l’Opéra national de Paris, Marc Piollet. Mise en scène : Robert Carsen. Avec Janez Lotrič (Hoffmann), Ekaterina Gubanova (La muse / Nicklausse), Franck Ferrari (Lindorf, Coppélius, Dr Miracle, Dapertutto), Sumi Jo (Olympia), Annette Dasch (Antonia), Nancy Fabiola Herrera (Giulietta),…
Nouvelle hécatombe à Bastille : Rollando Villazon et Patricia Petibon, qui devaient jouer les rôles d’Hoffmann et d’Olympia, sont malades. Villazon est remplacé au pied levé par Janez Lotrič qui, nous dit-on, n’est arrivé que le matin et n’a donc pas eu beaucoup de temps pour se familiariser avec la mise en scène. Quant à Olympia, c’est Sumi Jo qui s’y colle.
Je suis toujours assez impressionné par les remplacements de dernière minute… d’autant que Lotrič, d’après son site, a chanté Hoffmann pour la dernière fois il y a deux ans ! Franchement, ça ne se voit pas. Son Hoffmann est très bon, même si je trouve sa voix trop maniérée, parfois à la limite de la vulgarité, surtout dans les aigus. Mais la projection est excellente et les nombreuses difficultés techniques de la partition passent presque inaperçues.
J’ai vu cette mise en scène de Robert Carsen il y a presque six ans pour la première fois (avec, déjà, Sumi Jo en Olympia) et ce fut pour moi le début d’une longue histoire d’amour toujours en cours avec le travail du metteur en scène canadien. Je me souviens encore des frissons (pour ne pas dire plus) qu’avait occasionnés la découverte des décors des deuxième et troisième actes. J’avais dit alors que c’était la plus belle mise en scène d’opéra que j’aie vue… et je crois que c’est toujours vrai. Carsen joue si bien avec l’idée du théâtre dans le théâtre (comme dans sa Tosca de l’Opéra des Flandres… et je ne parle pas de la fin de son Capriccio à Garnier) ! Je me réjouis d’avoir au moins trois autres mises en scène de Carsen à mon programme dans les mois qui viennent.
Excellent travail par ailleurs de Marc Piollet dans la fosse… et très bonnes prestations des chanteurs, avec des mentions spéciales pour le superbe Franck Ferrari, qui fait des étincelles avec les quatre méchants, et pour la magnifique Ekaterina Gubanova (sans doute privée d’une partie des applaudissements qu’elle mériterait car elle vient saluer dans le costume de la Muse alors que c’est dans le rôle de Nicklausse qu’elle brille… Je ne suis pas sûr du tout que le public la reconnaisse).
J’ai mis du temps à “entrer” dans Les Contes d’Hoffmann. C’est un livret très atypique… et les modifications apportées à la structure de l’œuvre et à l’ordre des tableaux au cours du temps sont perturbantes. Ma première exposition à l’œuvre, dans une mise en scène assez ratée de Louis Erlo à l’Opéra de Lyon en 1993 (dans des décors de Philippe Starck, avec Natalie Dessay en Olympia et… Lisette Malidor en Stella), ne fut pas concluante du tout. Mais, depuis, mon appréciation de l’œuvre a considérablement progressé, et chaque nouvelle expérience est plus satisfaisante que la précédente.
Un autre très bon épisode d’une saison décidément très réussie à l’Opéra de Paris.
Ouhh que je suis content d'y aller bientôt !!!
Rédigé par : Matoo | 26 janvier 2007 à 11:46
> C’est une production magnifique. Je ne sais pas si tu connais l’œuvre, mais il faut accepter de se laisser porter par son côté onirique et ne pas trop chercher à rationaliser ce qui se passe. Avec un peu de chance, Petibon sera remise (je ne l’aime pas beaucoup, mais je pense être le seul ou à peu près).
Rédigé par : Laurent | 27 janvier 2007 à 01:15
C'est un opéra beaucoup plus complexe qu'on ne le pense. J'ai un vieil enregistrement datant de 1948. L'acte de Giulietta y précède celui d'Antonia.
Rédigé par : Juju | 16 février 2007 à 15:48
> Je ne suis pas un spécialiste des Contes, mais il m’a toujours semblé que c’était, en quelque sorte, le “grand œuvre” d’Offenbach… et qu’il faut sans doute creuser beaucoup pour capter toutes les intentions qu’il y a mises.
Un ami qui m’accompagnait à l’opéra ce soir-là m’indiquait qu’on savait maintenant avec certitude dans quel ordre les actes devaient être joués pour respecter l’intention d’Offenbach. Je ne sais pas très bien sur quoi cela repose…
Rédigé par : Laurent | 17 février 2007 à 04:24
J'ai eu la chance d'aller voir les Contes avec Rolando qui ce soir là a été absolument magique, j'ai passé une très grande soirée d'opéra.Par contre Patricia Petibon n'a pas spécialement était excellente (rien à voir avec Olympia= Dessay cf dvd de Nathalie Dessay). Sinon sur l'opéra ce soir là j'ai apprécié tout en général même si j'ai été déçu par la barcarole qui a été un peu en dessous. Par contre Goubanova méritait mieux que l'accueil froid, elle avait été largement à la hauteur de son rôle et de sa voix. Offenbach a toujours crée des opérettes , et son rêve avait était d'écrire un vrai opéra, il le réalisa avec les contes.
(mais il devrait être fier aussi la dûchesse de geroldstein avec dame felicity lott au châtelet de haute volée).
Rédigé par : Alexandre | 26 août 2007 à 00:22
> Ah, Dame Felicity en Grande Duchesse, inoubliable ! Je suis à peu près aussi incapable d’esprit critique vis à vis de Felicity Lott que je le suis vis à vis de Robert Carsen.
Pour Gubanova, je reste convaincu qu’elle aurait dû venir saluer en Nicklausse car la majorité du public ne fait pas le lien entre Nicklausse et la Muse.
Rédigé par : Laurent | 26 août 2007 à 02:49