Opéra de Rennes . 31.12.06 à 20h
Musique de Claude Terrasse. Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet (1901).
Orchestre de Bretagne, Gwennolé Rufet. Mise en scène : Éric Chevalier. Avec Lionel Muzin (Hercule), Bruno Guitteny (Palémon), Olivier Naveau (Augias), Jean-Louis Poirier (Orphée), Elisa Doughty (Omphale)…
Trois jours après Chonchette à Paris, voici donc que l’Opéra de Rennes nous donne l’occasion de découvrir un autre “opéra bouffe” de Claude Terrasse, en trois actes celui-ci, généralement considéré comme l’une des œuvres les plus réussies de son compositeur.
Et on comprend aisément pourquoi. Le livret de Flers et Caillavet est un régal, construit sur une idée assez simple : ce n’est pas Hercule l’auteur des célèbres travaux, mais Augias ! Mais seulement voilà : Hercule, bien qu’il soit fat et paresseux, est aussi tellement convaincu de sa valeur et tellement adepte de la manipulation, qu’il parvient toujours à rebondir et à passer pour le héros, alors qu’Augias, le vrai héros pur et courageux, doit bien se résigner à rester dans l’ombre. Même Omphale, la femme d’Hercule qui le quitte au deuxième acte pour le “vrai” héros, finit par lui revenir à la fin de la pièce. Le livret n’est donc aucunement moral, mais il n’en est que plus délicieux. En outre, Flers et Caillavet prennent un plaisir communicatif à jouer avec les mots, avec des répliques comme “Je suis impatient comme la caille nubile quand vient le printemps”.
La partition de Terrasse est charmante. Dans la veine d’Offenbach, elle alterne des marches et des valses d’une grande élégance. Elle est très joliment jouée par l’Orchestre de Bretagne, sous la direction assurée de Gwennolé Rufet.
La mise en scène d’Éric Chevalier est solide, avec quelques très bonnes idées, comme le gag récurrent d’une petite fille qui tient absolument à remettre un bouquet de fleurs à Hercule (et qui le poursuit… jusqu’aux saluts) ou encore le superbe visuel d’ouverture du troisième acte. La distribution réunit beaucoup d’habitués du répertoire lyrique léger et les performances sont de fort bon niveau, même si on peut regretter une légère tendance collective au cabotinage. Carton jaune, cependant, pour la soprano Elisa Doughty, dont la voix est exquise, mais dont le français est totalement incompréhensible dans les passages chantés.
Cher Laurent,
Votre commentaire sur mon français incompréhensible sera, visiblement, toujours lié à mon nom dans des recherches sur google. J'aimerais bien vous faire changer d'avis. Seriez vous par hasard disponible pour assister à un concert de répertoire français que je fais la semaine prochaine à Pantin?
Elisa
Rédigé par : Elisa Doughty | 04 mars 2008 à 13:57
> Je vous réponds par e-mail.
Rédigé par : Laurent | 08 mars 2008 à 01:08