Royal Opera House, Londres • 30.12.06 à 19h
Georges Bizet (1875). Livret de Henry Meilhac et Ludovic Halévy.
Direction musicale : Antonio Pappano. Mise en scène : Francesca Zambello. Avec Anna Caterina Antonacci (Carmen), Jonas Kaufmann (Don José), Ildebrando D’Arcangelo (Escamillo), Norah Amsellam (Micaëla)…
Mes aïeux, que d’émotions. Assis juste derrière Antonio Pappano, j’ai pu admirer pendant trois heures l’excellent travail qu’il réalise à la tête de l’orchestre. Quelle énergie ! La musique qui sort de la fosse est passionnée, intense… primale, presque. Il faut dire que cette partition va de sommet en sommet. Quel autre opéra peut se targuer d’être aussi uniformément sublime de la première à la dernière mesure ?
Sur scène, c’est tout aussi réjouissant. L’avantage, avec des chanteurs comme Antonacci, Kaufmann et D’Arcangelo, outre qu’ils chantent tous les trois comme des dieux, c’est qu’ils sont sexy en diable, et qu’ils donnent à cette version de Carmen, avec l’aide de Francesca Zambello, une dimension hautement charnelle, voire sexuelle. Et puis, miracle, Antonacci et Kaufmann parlent et chantent le français presque sans accent : je crois que c’est la première fois de ma vie que je comprends aussi bien du français chanté.
Je ne suis pas un inconditionnel de Francesca Zambello, mais ce Carmen est de la belle ouvrage. Le décor de Tanya McCallin est assez banal ; il ressemble à un mur d’escalade… et d’ailleurs, il est utilisé comme un mur d’escalade dans le troisième acte. Mais les lumières de Paule Constable sont magnifiques… et Zambello réussit assez adroitement à mettre en scène les nombreuses tensions dramatiques de l’œuvre… tout en gérant avec doigté les mouvements des nombreux choristes, danseurs et figurants qui occupent la scène pendant l’essentiel du spectacle.
Dommage que j’aie dû supporter pendant trois heures les effluves de poisson pas frais qui émanaient de mon voisin de droite, qui de surcroît respirait bruyamment et n’avait pas beaucoup de respect pour mon “personal space” (je n’ai pas l’impression que ce terme si cher aux Anglo-saxons ait un équivalent en français).
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