Pleasance Theatre, Londres • 30.12.06 à 14h30
Musique : Stephen Oliver. Livret et lyrics : Tim Rice.
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Mise en scène : Patrick Wilde. Avec Chris Gierson (Blondel), Abi Finley (Fiona), Mark Inscoe (King Richard), Matt Harrop (Prince John), Napoleon Ryan (The Assassin)…
Ce Blondel est une réelle curiosité historique, et je ne pensais pas que j’aurais un jour l’occasion de le voir sur une scène. Blondel est souvent décrit parmi les aficionados de comédie musicale comme “la comédie musicale que Tim Rice a écrite après la fin de sa collaboration avec Andrew Lloyd Webber”. En effet, Lloyd Webber et Rice ont écrit ensemble plusieurs gros succès comme Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat, Jesus-Christ Superstar… jusqu’à Evita, en 1976. Puis ils cessèrent leur collaboration pour des raisons jamais vraiment éclaircies — le premier volume de l’indispensable autobiographie de Tim Rice s’arrête malheureusement avant Evita… et on attend avec impatience le deuxième volume.
Il est d’ailleurs intéressant que Tim Rice ait alors fait équipe avec un compositeur “sérieux”, Stephen Oliver, auteur de nombreux opéras, tragiquement disparu trop jeune pour entrer complètement au panthéon de la musique contemporaine.
Ensemble, Rice et Oliver écrivirent donc une comédie musicale loufoque construite autour de Blondel, ménestrel à la cour de Richard Cœur de Lion en 1189 au moment de son départ en croisade. C’est grâce à Blondel que Richard reviendra, à la fin de la pièce, juste à temps pour empêcher son frère Jean de se faire couronner à sa place. Le livret et les lyrics se nourrissent de nombreux anachronismes et jeux de mots. Bien qu’ayant été représenté un an environ en 1983 et 1984, Blondel fut un échec commercial… le CD disponible depuis 1996 contribue à entretenir le souvenir d’une œuvre un peu trop bête pour être appréciée.
Le petit miracle que réussit cette production, c’est de rendre Blondel tout à fait digeste pour le spectateur contemporain. Bien que le Pleasance Theatre soit un “petit” théâtre, la qualité d’ensemble du spectacle est remarquable, tant du côté de la distribution que de la mise en scène, qui s’appuit sur des lumières particulièrement réussies. Le premier acte est le plus agréable… et l’on découvre avec une certaine stupeur que Tim Rice peut écrire des lyrics subtils, une qualité qu’on ne lui connaissait guère pendant sa collaboration avec Lloyd Webber.
Évidemment, Blondel ne deviendra jamais un gros succès public, mais c’est une réelle bonne surprise que de pouvoir assister à cette production qui va bien au-delà de la présentation d’une curiosité historique.
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