UGC Ciné-Cité les Halles, Paris • 10.11.06 à 20h40
John Cameron Mitchell (2006).
John Cameron Mitchell est surtout connu pour avoir écrit Hedwig and the Angry Inch, une comédie musicale touchante et inclassable, qu’il a créée en 1998 “Off-Broadway” avant d’en tirer un film très réussi trois ans plus tard environ. Il avait préalablement joué dans quelques autres pièces, dont la magnifique comédie musicale de Michael John LaChiusa, Hello Again, inspirée de La Ronde de Schnitzler — un spectacle de 1993 dont la distribution se lit comme un Who’s Who de la scéne musicale et dont le CD est un must dans toute collection.
Après Hedwig, Mitchell avait annoncé qu’il avait le projet de réaliser un film dans lequel les scènes de sexe ne seraient pas simulées. Choquant ? Bof. Pasolini et Von Trier sont déjà passés par là. Breillat aussi, avec beaucoup moins de bonheur. Avec Mitchell, c’est nettement plus rigolo.
En fait, passée la scène d’ouverture, traitée dans un deuxième degré très réussi soutenu par une réalisation assez virtuose, le sexe explicite passe nettement au second plan… et le film, curieusement (ou non ?), perd de son énergie première. Les personnages du monde de Mitchell, comme ceux de Hedwig, vivent dans un monde décalé, onirique, mais qui laisse indifférent plus souvent qu’il ne fascine. La fin, particulièrement gnan-gnan, déçoit beaucoup.
Il n’en reste pas moins que la réalisation est soignée. La cinématographie est superbe ; les images d’animation de New York sont splendides (le film s’ouvre sur une évocation directe du 11 septembre et se termine le soir de la grande panne électrique de l’été 2003). Au passage, quelques personnages secondaires offrent des performances mémorables, en particulier Alan Mandell, dans le rôle dans l’ex-maire gay de New York… et Justin Bond, icone des nuits new-yorkaises, connu surtout comme la drag queen Kiki (du duo Kiki & Herb, qui vient de se produire pendant un mois environ à Broadway).
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