Salle Pleyel, Paris • 28.11.06 à 20h
Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus.
Dagmar Pecková, alto. London Symphony Chorus. Maîtrise Boréale.
Mahler : symphonie n°3
Mes lecteurs réguliers savent que je n’aime pas être trop négatif dans mes commentaires, mais il serait impossible de trouver des périphrases satisfaisantes pour dire combien ce concert m’a attristé.
Je ne trouve dans mes souvenirs récents que deux expériences comparables : une première de Mahler dirigée par Chung (avec l’Orchestre Philharmonique de Radio-France au Théâtre des Champs-Élysées) et la tristement mémorable Kat’a Kabanova de Sylvain Cambreling à l’Opéra de Paris. Dans ces deux cas, comme ce soir, il n’y a qu’un qualificatif capable de décrire la direction d’orchestre : frigide.
Un chef qui détruit méthodiquement toute idée de plaisir, qui élimine perversement toute ombre de sentiment, qui fait de la musique une expérience purement mécanique et dénuée d’âme : c’est le point commun de ces trois soirées.
Je préfère m’arrêter.
L’Orchestre National de Lille, que je connais peu, m’a semblé toutefois d’un niveau tout à fait correct, et la soliste a fait de beaux efforts pour éviter un naufrage total (mais elle pouvait difficilement faire tout le travail toute seule).

L'ONL et Casadesus font de très belles choses dans le répertoire français et au delà.
Notamment des Berlioz et Gounod exemplaires ; de beaux Beethoven aussi. Travail souvent d'une grande intelligence et d'une grande intégrité.
A propos, je n'avais pas trouvé cette Première de Chung horrible du tout. Assez épaisse et sérieuse à mon goût, mais pas indigne non plus, contrairement à ce que j'ai beaucoup entendu. C'était via la radio, je précise.
Rédigé par : DavidLeMarrec | 29 novembre 2006 à 16:47
ca me rappelle ma pire troisieme. c'etait a saint denis. ah tiens c'etait l'orchestre de lille. et oh tiens! c'etait casadesus!
Rédigé par : gvgvsse | 29 novembre 2006 à 21:16
David > Je suis convaincu que l’Orchestre est de qualité, mais je pense qu’ils ont (ou, plus vraisemblablement, que Casadesus a) une grosse difficulté à “sentir” Mahler. Leur interprétation était désincarnée, froide, analytique, épisodique, sans vision. Exactement l’impression que j’avais retirée de la première de Chung (qui, de surcroît, était prétentieuse).
gvgvsse > Et c’est maintenant que tu me le dis !
Rédigé par : Laurent | 29 novembre 2006 à 23:40
Là, j'avoue être d'accord sur ce point: Casadesus et Lille semblent incapables de "sentir" la substance orchestrale mahlérienne sans même parler de ce qui en sous-tend l'épaisseur métaphysique et oui Laurent, c'est tout à fait cela, la "Vision" bien au-delà de la "visée"...
Ils ont certes des qualités indéniables ailleurs, mais leurs Mahlers n'en sont pas, dépourvus de verticalité ascendante et toujours relégués horizontalement au plan linéaire!!
Une erreur à ne jamais renouveler.. Surtout la Troisième!!! Comble du sacrilège.
On vous a offert la place Laurent? sourire
Rédigé par : Lea | 30 novembre 2006 à 11:53
> Non, Lea, j’ai payé ma place, comme (presque) tout le monde… Mais une expérience négative reste une expérience : je crois qu’elle m’a beaucoup aidé à percevoir ce que je trouve fascinant dans Mahler. Ce n’était donc pas du temps perdu, même si j’ai mis du temps à me débarrasser de ma colère en sortant.
Rédigé par : Laurent | 30 novembre 2006 à 14:00
Désolé d’arriver un peu après la bataille... Il faut dire que la 3ème de Mahler (comme la 6ème d'ailleurs) est particulièrement piégeante, même pour Pierre Boulez avec Anne-Sofie von Otter et le Philharmonique de Vienne (enregistrement DG) et sur lesquels j'avais porté de gros espoirs.... un peu déçus. Je ne suis pas étonné que Casadesus s'essouffle sur les cent premiers mètres d'un tel marathon. Il ya souvent beaucoup d’esbroufe chez ce chef et ça ne pardonne pas sur l’ascension des sommets mahlériens. Il vaut mieux qu’il révise sa petite musique de nuit…
Rédigé par : Philippe D | 13 décembre 2006 à 22:06
> Et vlan ! Je reste prudent car je connais mal Casadesus, que j’ai très peu entendu… Je lui laisse, pour l’instant, le bénéfice du doute.
Rédigé par : Laurent | 14 décembre 2006 à 00:20
L'ONL, c'est mauvais.
Rédigé par : Jean-Pierre | 03 septembre 2011 à 09:38
Casadesus chantait pendant qu'il jouait avec son orchestre les Préludes de Liszt. Ce concert remonte à quelques mois. Une perte de temps musicale.
Rédigé par : Jean-Pierre | 03 septembre 2011 à 09:41