Opéra Bastille, Paris • 30.10.06 à 19h30
Donizetti (1832). Livret de Felice Romani, d’après celui d’Eugène Scribe pour Le Philtre d’Auber.
Orchestre de l’Opéra national de Paris, Edward Gardner. Mise en scène : Laurent Pelly. Avec Heidi Grant Murphy (Adina), Charles Castronovo (Nemorino), Laurent Naouri (Belcore), Alberto Rinaldi (Dulcamara), Aleksandra Zamojska (Giannetta).
Deuxième Donizetti de la saison (il y en aura d’autres), L’Elisir d’Amore a été créé quelques années avant Lucia et aurait été écrit en deux semaines (comme un autre opéra vu cette saison). Je ne suis pas encore un inconditionnel de Donizetti, mais il faut reconnaître que l’écriture connaît ici et là quelques fulgurances remarquables, tout particulièrement dans les duos, trios et autres numéros d’ensemble. L’ensemble qui clôt le premier acte est un sommet.
Je n’ai pas été convaincu du tout par la direction musicale d’Andrew Gardner, assez raide et empesée. J’ai le sentiment que la musique de Donizetti mériterait qu’on lui laisse davantage d’oxygène. Il doit bien exister un juste milieu entre le cinéma d’Evelino Pidò et la triste rigueur de Gardner…
Distribution dominée à tous les sens du terme par un Laurent Naouri maîtrisant parfaitement son art, remarquable troupier dans la comédie (au sens noble du terme) comme dans le chant. Les deux jeunes premiers, Heidi Grant Murphy et Charles Castronovo, tous deux issus du “Young Artists Development Program” du Metropolitan Opera, sont d’excellents comédiens, mais leurs performances vocales ont été très inégales, bien qu’elles se soient améliorées pendant la représentation. Au premier acte, il y avait des moments où l’on n’entendait ni Adina, ni Nemorino. Heidi Grant Murphy a même fait annoncer qu’elle était souffrante avant le deuxième acte… alors qu’elle a beaucoup mieux chanté après. Castronovo a très bien géré son grand air du second acte, “Una furtiva lagrima” (avec un petit coup de pouce du metteur en scène).
Très jolie mise en scène de Laurent Pelly, qui confirme tout le bien que je pense de lui. Inventive, pleine de fraîcheur, respectueuse du texte, elle se distingue aussi par une vraie direction d’acteurs comme on en voit de moins en moins sur les scènes d’opéra.
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