Four Seasons Centre for the Performing Arts, Toronto • 1.10.06 à 14h
Richard Wagner (1876)
Orchestre de la Canadian Opera Company, Richard Bradshaw. Mise en scène : Tim Albery. Avec Christian Franz (Siegfried), Susan Bullock (Brünnhilde), John Fanning (Gunther), Joni Henson (Gutrune), Mats Almgren (Hagen), Richard Paul Fink (Alberich), Mary Phillips (Waltraute), Mette Ejsing, Guang Yang, Birgit Beckherrn (les Nornes), Laura Whalen, Krisztina Szabó, Allyson McHardy (les Filles du Rhin).
C’est en beauté que s’achève ce Ring de Toronto. La mise en scène de Tim Albery est la plus réussie, mêlant heureusement audace visuelle et fidélité au texte. Le final, notamment, est magnifique et fonctionne en parfaite harmonie avec la sublime conclusion musicale.
Le reste s’est inscrit dans la lignée du reste du cycle : du très bon (le Gunther de John Fanning, les Filles du Rhin, en grande forme, la Brünnhilde de Susan Bullock, comme métamorphosée dans sa dernière scène) et du moins bon (le Hagen chevrotant de Mats Almgren, le Siegfried de Christian Franz, toujours très limite dans la justesse, au point d’être carrément très mauvais lorsqu’il chante les paroles de l’Oiseau).
Sans savoir bien expliquer pourquoi, Götterdämmerung semble un peu d’une autre veine que les trois autres opéras. Et pourtant, difficile de ne pas être fasciné par la partition, notamment l’espèce de récapitulation générale des leitmotive qui s’entrechoquent, s’unissent et, dans une certaine mesure, se disloquent. Mes deux scènes préférées du Ring s’y trouvent : la visite d’Alberich à Hagen et la déclamation finale de Brünnhilde.
Salut général de l’ensemble des artistes, musiciens et techniciens. Ovation du public (qui a l’enthousiasme facile). C’est fini.
"la Brünnhilde de Susan Bullock, comme métamorphosée dans sa dernière scène"
Signe de ce qu'on la travaille plus. Ca arrive plus souvent avec des rôles comme Gilda : l'air passe très bien, mais le reste n'est pas toujours en place. Tout simplement parce que les chanteurs se font très souvent auditionner (ce qui à mon humble avis est une folie) sur le grand air.
"et du moins bon (le Hagen chevrotant de Mats Almgren, "
Les bons Hagen, à travers le siècles, se comptent sur les doigts d'un doigt.
"le Siegfried de Christian Franz, toujours très limite dans la justesse,"
Oui, sans doute, mais j'aime vraiment beaucoup ce qu'il fait dans le Götterdämmerung ! De toute façon, les trois rôles principaux de ce volet sont totalement inchantables et très mal écrits pour la voix.
"Sans savoir bien expliquer pourquoi, Götterdämmerung semble un peu d’une autre veine que les trois autres opéras."
Oui, notamment au niveau de l'orchestration, très massive. Réseau de motifs beaucoup plus dense, comme tu le soulignes. A mon humble goût, on est près de devenir abscons et plus que près de devenir pompier, mais c'est au minimum très intéressant.
Chapeau au metteur en scène s'il a su se tenir à la hauteur de la dernière scène !
Rédigé par : DavidLeMarrec | 02 octobre 2006 à 13:06
> “Les bons Hagen, à travers le siècles, se comptent sur les doigts d'un doigt.”
Des noms ! Gottlob Frick n’est pas mal, dans la version Solti.
Rédigé par : Laurent | 09 octobre 2006 à 00:57