1.10.06
Sur une idée de Kozlika, voici le premier chapitre d’un feuilleton dont chaque chapitre sera écrit par un blogueur différent. Les règles du jeu sont ici.
Edit (2.10) : changement de temps.
Edit (4.10) : Scott devient commissaire. “Le policier du commissariat voisin” devient brigadier.
Lucie — Chapitre premier
La violence des sanglots qui secouent la jeune-femme l’empêchent presque de respirer. Ils sont noyés par le vacarme infernal du moteur et les crissements des pneus dans les virages. La décapotable jaune dévale la route sinueuse en direction de la ville endormie. Lucie maintient l’accélérateur fermement enfoncé, bien que ses larmes l’empêchent de plus en plus de voir la route devant elle.
Le pompier qui, le lendemain, examinera son corps à demi-calciné au fond d’un ravin sera tout de suite intrigué par une marque rouge très visible dans son cou. Comme une grosse piqûre.
*** “Saleté de beignets !”. Le commissaire Scott s’était assoupi en écoutant la radio lorsque le téléphone sonna. Il sursauta et fit tomber l’assiette de beignets qu’il était en train de déguster avant de s’endormir. Il essaya en vain de trouver un mouchoir dans sa poche pour s’essuyer les mains avant de décrocher, mais ne réussit qu’à salir le pan de sa veste.
Dans son demi-sommeil, son cerveau avait du mal à remettre ses neurones en route. Il ne savait pas très bien qui lui parlait. Un meurtre à l’opéra… Un cadavre sur la scène… On le demandait. Il attrapa son manteau et sauta dans un taxi.
Il fallait que ça tombe sur lui ! L’opéra, il n’y mettait jamais les pieds. Il avait du mal à comprendre comment on pouvait rester assis plusieurs heures à écouter des chanteurs obèses s’époumoner à raconter des histoires sans queue ni tête dans des costumes ridicules.
Le brigadier du commissariat voisin, qui était arrivé le premier après l’appel du régisseur, accueillit Scott à son arrivée. Adrian Brénès : c’est le nom du metteur en scène dont le corps sans vie attendait le commissaire Scott. Bien entendu, il n’évoquait rien pour Scott.
Le brigadier résuma rapidement la situation pour le commissaire : une quinzaine de minutes après la fin de la représentation du soir, on avait retrouvé Brénès pendu à l’un des éléments du décor, une sorte de balançoire qui aurait dû se trouver hors d’atteinte dans les cintres.
La plupart des chanteurs et des techniciens, ainsi que le chef d’orchestre, attendaient sur la scène. Ils regardaient un peu bêtement le corps de Brénès suspendu au-dessus d’eux. Certains chanteurs étaient encore en costume, d’autres étaient en peignoir, d’autres encore avaient eu le temps d’enfiler leurs vêtements de ville. C’est de l’incrédulité, plus que de la tristesse, que Scott avait l’impression de lire sur les visages.
Comme il ne faisait pas de doute que le metteur en scène était mort, personne n’avait semblé pressé de descendre le corps. Le commissaire demandit que l’on apporte (-ât) un escabeau, mais le régisseur lui expliqua qu’il était plus simple d’abaisser la perche à laquelle était accrochée la balançoire. Ce que l’on s’empressa de faire.
Le corps de Brénès s’allongea sur la scène, face contre terre. Scott le retourna. Un détail attira l’attention de tous les spectateurs. Épinglé au sous-pull du metteur en scène, ce mot sur un rectangle de carton : “Ainsi périssent ceux qui s’en prennent à Lucie”.
Le chapitre 2 est chez Kozlika : lire la suite !
Si vous voulez tout lire d’un coup sans aller de blog en blog, c’est ici.

Je prends pas !
A qui ?
Rédigé par : Dolgo | 01 octobre 2006 à 10:20
Bravo pour ce début.
Rédigé par : Bra | 01 octobre 2006 à 10:58
c'est pratique les sous-pulls ! :D
bon début, mais on voit bien comment vite finir....la faute aux méchants metteurs en scène modernes qui salopent notre Patrimoine Musical Mondial...il faudrait d'urgence introduire d'autres pistes !!!! ;-)
Rédigé par : zvezdo | 01 octobre 2006 à 12:46
Ca devrait être Brenas ou Branès, pas Brénès. Si tant est que j'ai pigé le sous-entendu.
-- Xj
Rédigé par : Nuits de Chine | 01 octobre 2006 à 13:14
Bra > merci.
zvezdo > J’ai mis le minimum de détails pour essayer de faire en sorte que tout reste possible dans les chapitres suivants.
Nuits de Chine > Bien vu, mais le "a" est dans le prénom (Adrian). Ce n’est qu’un clin d’œil.
Rédigé par : Laurent | 01 octobre 2006 à 16:13
Pfffff bande de dégonflés !
Si personne n'a pris à minuit, « je prends ! »
Rédigé par : Kozlika | 01 octobre 2006 à 22:52
JE PRENDS !
Laurent, puisqu'on vient tout juste de débuter, j'aimerais te demander une faveur : pourrions-nous passer ton épisode au passé simple ? Ça va un peu dénaturer l'ambiance mais c'est plus fastoche pour feuilletonniser, le présent narratif se prête moins aux excès et aux rebondissements (ou c'est moi qui ai plus de mal à faire en sorte que).
Mais c'est seulement une suggestion, n'hésite pas à refuser si ça ne t'emballe pas, je m'en débrouillerai :)
Rédigé par : Kozlika | 02 octobre 2006 à 06:30
> Aucun problème… Y compris les paragraphes du début ? Je fais déjà à partir des beignets.
Rédigé par : Laurent | 02 octobre 2006 à 07:46
Non, en effet, je crois que ça peut être intéressant de conserver la section des premiers paragraphes au présent. Grand merci !
Rédigé par : Kozlika | 02 octobre 2006 à 08:28
Lire la suite !
http://www.kozlika.org/kozeries/index.php/2006/10/02/599-lucie-episode-2
Rédigé par : Kozlika | 02 octobre 2006 à 16:06