“Caroline, or Change”
National Theatre (Lyttelton), Londres • 21.10.06 à 14h15
Musique de Jeanine Tesori. Livret et lyrics de Tony Kushner.
Mise en scène : George C. Wolfe. Avec Tonya Pinkins (Caroline Thibodeaux), Perry Millward (Noah Gellman), Anna Francolini (Rose Stopnick Gellman), Pippa Bennett-Warner (Emmie Thibodeaux), Valda Aviks (Grandma Gellman), Ian Lavender (Grandpa Gellman),…
Ce spectacle a été créé à Broadway au printemps 2004 et n’a tenu l’affiche que quelques mois. Je l’avais, à l’époque, absolument détesté, au point de ne pas acheter le CD alors que je suis plutôt du genre complétiste. Voici qu’on remonte la même production à Londres : même mise en scène, même vedette féminine… et je suis conquis.
Il faut dire que les Anglais sont beaucoup plus à l’aise que les Américains avec le théâtre “intello” (il suffit de voir la différence de l’accueil réservé à Stephen Sondheim de part et d’autre de l’Atlantique). Cela aide sans doute à faire de Caroline, or Change une expérience plus digeste. J’ai remarqué aussi que la prise de son était beaucoup plus claire et permettait mieux de suivre les paroles même dans les passages les plus bruyants.
Caroline, or Change devait être à l’origine un livret d’opéra écrit par Tony Kushner, l’auteur de Angels in America. Le compositeur ayant renoncé, c’est à Broadway que la pièce a vu le jour, avec des chansons mises en musique par Jeanine Tesori, une compositrice qui se consacre presque exclusivement à la comédie musicale, bien qu’elle travaille aussi actuellement à une commande pour le Metropolitan Opera.
Kushner a tiré le livret de Caroline de ses souvenirs d’enfance : les années 1960, la Louisiane, la conquête des droits civiques par les noirs, l’assassinat de JFK… qui marque d’ailleurs le point de départ de la pièce. Mais ce n’est pas une épopée qu’il nous propose. Le livret s’intéresse à Caroline, une noire qui travaille comme bonne dans une famille juive de Louisiane et qui se change les idées en discutant avec la machine à laver, la radio et le sèche-linge. Le fils de la famille a la fâcheuse habitude d’oublier de la monnaie dans ses poches de pantalons. Sa belle-mère décide de l’encourager à plus de vigilance en permettant à Caroline de garder ce qu’elle trouve en vidant les poches… jusqu’à ce qu’elle y trouve un billet de 20 dollars…
Autant j’avais trouvé le propos, la mise en scène et l’interprète principale horriblement prétentieux à New York, j’ai trouvé cette version londonienne parfaitement convaincante. L’écriture, en particulier, est de très bonne facture… La distribution est également remarquable, avec une mention particulière pour Anna Francolini, une comédienne que je trouve excellente chaque fois que je la vois.
Cela valait le coup de retenter l’expérience. Je vais l’acheter, ce CD, finalement.
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