Usher Hall, Édimbourg • 27.8.06 à 21h30
Royal Scottish National Orchestra, Claus Peter Flor
Bruckner : Symphonie n°7
Je pensais quitter Édimbourg en apothéose avec cette 7ème de Bruckner, mais la représentation ne fut pas totalement à la hauteur de mes espérances.
J’ai trouvé le Royal Scottish National Orchestra un gros cran en-dessous de son confrère de la BBC, dont la sixième d’hier était impeccable. Beaucoup d’attaques peu précises, des pupitres qui ne donnent pas l’impression de s’écouter entre eux… et, surtout, des cors épouvantables (le corniste qui joue dans le couloir du métro parisien à Concorde est bien meilleur).
En outre, Claus Peter Flor n’a pas donné l’impression d’avoir une vision très homogène de la symphonie : il a pris le premier mouvement de manière quasi métronomique, sans jamais respirer, avec de gros recouvrements pas jolis du tout entre les phrases. À l’opposé, dans les deuxième et troisième mouvements, il multiplie les ruptures de tempo, dépassant plusieurs fois les limites du mauvais goût. C’est curieusement dans le dernier mouvement — pris très vite, trop vite pour l’orchestre — qu’il a commencé à marquer des pauses salutaires.
Du coup, impression très mitigée, même s’il y a eu de très beaux moments, notamment dans le deuxième mouvement. Je n’arrive pas à décider quel Adagio est le plus sublime entre celui de la sixième et celui de la septième…
Beaucoup de choses à observer, ce soir : déjà, plusieurs spectateurs qui s’endorment dans mon champ de vision ! Ensuite, la masse de cheveux absolument incroyable de Claus Peter Flor — il doit faire la fortune d’un fabriquant de laque. Du coup, j’ai été hypnotisé de grands moments par cette tignasse improbable… un peu comme je l’étais la veille par le fait que Donald Runnicles tienne sa baguette de la main gauche (je sais, c’est bizarre, mais je trouve cela très perturbant).
Le podium du chef est surélevé, comme pour compenser la petite taille de Flor. Plusieurs musiciennes de l’orchestre sont assises sur deux chaises empilées l’une sur l’autre et scotchées l’une à l’autre, comme pour prendre de la hauteur. Le violon soliste, lui, est sur une banquette de piano. Au milieu de la représentation, je me suis rendu compte qu’il n’y a pas un seul homme parmi les seconds violons (et il n’y a qu’une femme ou deux parmi les premiers…)
ils ne devaient pas être en super forme car sur leurs albums studios de musiques de film ré-enregistrées ("Le 7ème voyage de Sinbad" d'Herrmann qui est excellent malgré un son un peu réverberé), même les cors ont une sacrée gueule ! ;)
Comme quoi, il vaut mieux pouvoir vérifier sur place.
Rédigé par : kfigaro | 31 août 2006 à 14:33
> Un jour de méforme, ça peut arriver... même si je n’avais jamais entendu une telle déroute du côté des cors, même à l’époque où les orchestres parisiens n’étaient pas idéalement équipés. J’ai eu l’impression qu’après les deux ou trois premiers incidents, ils ont complètement baissé les bras et c’est devenu n’importe quoi. Et puis, le chef ne les a peut-être pas vraiment portés...
Rédigé par : Laurent | 01 septembre 2006 à 23:08