Palais Garnier, Paris • 2.5.06 à 19h30
Ballet bouffon en un prologue et trois actes (1745), de Jean-Philippe Rameau. Livret d’Adrien-Joseph Le Valois d’Orville d’après la pièce de Jacques Autreau.
Choeur et musiciens du Louvre-Grenoble, Marc Minkowki. Mise en scène et costumes : Laurent Pelly. Décors : Chantal Thomas. Lumières : Joël Adam. Chorégraphie : Laura Scozzi. Avec Jean-Paul Fouchécourt (Platée), Mireille Delunsch (La Folie/Thalie), Yann Beuron (Mercure), Bernard Richter (Thespis), François Lis (Jupiter), Doris Lamprecht (Junon), François Le Roux (Cithéron), Valérie Gabail (L'Amour), Franck Leguérinel (Momus).
Laurent Pelly est, après Robert Carsen, l'un des metteurs en scène que j'admire pour sa capacité à concevoir des mises en scène intelligentes, ambitieuses, porteuses de sens, ... avec en bonus, dans le cas de Pelly, une bonne dose d'humour. D'une certaine façon, il perpétue la tradition de mise en scène d'un Jérôme Savary... mais un Savary qui n'aurait pas basculé dans l'amertume, la mégalomanie et le nombrilisme (on trouve même dans ce Platée une plateforme sortant de la fosse d'orchestre, l'une des marques de fabrique de Savary). Cette production de Platée, qui date de 1999, est donc à inscrire au répertoire des petits bonheurs concoctés par le couple Pelly / Minkowki, à qui l'on doit aussi les deux délicieux Offenbach du Châtelet.
On se régale de bout en bout du défilé des personnages de cette farce. Même si les performances vocales sont inégales, c'est un bonheur de voir des chanteurs aussi engagés dans l'interprétation de leurs rôles, et pas seulement préoccupés par la mise en valeur de leurs voix. La mise en scène est d'une invention infinie, au point qu'on ne sait pas toujours où regarder - ce qui n'arrive quasiment jamais à l'opéra. Les ballets interminables sont rendus très agréables par d'excellents danseurs interprétant une chorégraphie originale et pleine de clins d'oeil malicieux. Jean-Paul Fouchécourt campe Platée avec un réel brio comique. Quant à Mireille Delunsch, elle est superbe dans les airs de la Folie, qui sont de loin les passages les plus attrayants de la pièce sur le plan musical.
Les commentaires récents