Menier Chocolate Factory, Londres • 22.1.06 à 18h
Cette représentation marquait ma troisième rencontre avec cette singulière comédie musicale de Stephen Sondheim et James Lapine, créée en 1984 à Broadway. Après Leicester et la mise en scène de Paul Kerryson en 1999, puis la version du Kennedy Center de Washington à l’occasion de leur “Sondheim Celebration” en 2002, c’est avec une certaine curiosité que j’abordais cette production du petit théâtre (moins de 200 places) de la Menier Chocolate Factory, ancienne usine située à quelques pas de la Tate Modern.
Il faut dire que l'oeuvre est singulière : à travers l'histoire de la création de la toile “Un Dimanche après-midi sur l'île de la Grande-Jatte” par Georges Seurat (acte 1), puis les doutes de l'arrière-petit-fils imaginaire de Seurat (acte 2), Lapine et Sondheim interrogent la nature de la création artistique en s'appuyant sur une conception extrêmement originale et innovante, servie par une superbe partition. Ces qualités seront reconnues par l'attribution d'un Pulitzer Prize en 1985.
Eh bien cette version dépasse les deux autres de plusieurs encablures. Elle utilise un système de projection incroyablement malin qui, en plus d’être une relative prouesse technologique, est une magnifique trouvaille sur le plan dramatique car il ne se contente pas de fournir des décors à la pièce ; il l’enrichit considérablement. Si l’on ajoute une distribution parfaite, qui rend chaque “lyric” de Sondheim totalement compréhensible et une mise en scène aussi intelligente qu’astucieuse, on obtient l’une des expériences théâtrales les plus percutantes auxquelles j’aie assisté.
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