Théâtre Royal de la Monnaie, Bruxelles • 22.12.05 à 20h
Orchestre et chœur de la Monnaie, Kazushi Ono. Mise en scène Guy Cassiers. Avec Tómas Tómasson (Der Holländer), Hélène Bernardy (Senta), Alfred Reiter (Daland), Robert Chafin (Erik), Jacqueline Van Quaille (Mary), Jörg Schneider (Der Steuermann).
Un grand moment pour moi, qui n’étais jamais rentré dans ce magnifique théâtre qu'est la Monnaie. Des médaillons placés autour de l’orchestre célèbrent quelques grands compositeurs d’opéra : quelle satisfaction d’y voir Janacek à côté de Rossini, Monteverdi, Mozart et Verdi !
Musicalement, cette production du Vaisseau fantôme est un bijou. Superbe direction musicale de Kazushi Ono, magnifique distribution sans faille, dans laquelle on apprécie particulièrement le baryton-basse islandais Tómas Tómasson, vu il y a quelques semaines dans le rôle de Fafner à Liège, à la maîtrise remarquable et à la voix sublimement suave. Belle performance également de Hélène Bernardy, qui allie sans effort visible une grande puissance vocale et une belle subtilité expressive. Peu de chanteuses arrivent aussi facilement à ne pas donner l’impression de crier dans les passages les plus animés. Curieuse coïncidence, enfin, de retrouver Jacqueline Van Quaille, vue il y a quelques années en Castafiore dans la comédie musicale Tintin et le temple du soleil (épisode “curieusement” omis de sa biographie...)
La réussite de cette production au plan musical n’a malheureusement d’égal que l’abyssale niaiserie de la mise en scène de Guy Cassiers. Et pourtant, la première impression visuelle est assez captivante, et les considérables moyens technologiques déployés pouvaient laisser espérer une conception radicalement novatrice de la scénographie, comme dans la très belle production de Tristan et Isolde récemment présentée à Bastille. Au lieu de cela, on passe la soirée à se demander quel concept, s’il y en a un, peut bien expliquer le spectacle affligeant de solistes perpétuellement à la face, chantant en direction du public même lorsqu’ils s’adressent à d’autres personnages... ou encore les mouvements robotisés imposés au chœur, qui outre qu’il est affublé de costumes grotesques, se trouve obligé de “faire les vagues” durant l’ouverture, puis de mimer les paroles des chansons en langage des signes.
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