Opéra de Leipzig • 18.5.13 à 20h
Wagner (1869)
Gewandhausorchester, Ulf Schirmer. Mise en scène : Rosamund Gilmore. Avec Tuomas Pursio (Wotan), Thomas Mohr (Loge), Jürgen Linn (Alberich), Nicole Piccolomini (Erda), Stephan Klemm (Fasolt), James Moellenhoff (Fafner), Karin Lovelius (Fricka), Sandra Trattnigg (Freia), Michael Kraus (Donner), James Allen Smith (Froh), Dan Karlström (Mime), Eun Yee You (Woglinde), Kathring Göring (Wellgunde), Sandra Janke (Floßhilde).
Les célébrations en l’honneur du 200e anniversaire de la naissance de Richard Wagner battent leur plein dans le monde entier… et notamment, bien sûr, dans sa ville natale de Leipzig, qui lui consacre un festival riche de nombreux événements. (“Richard ist Leipziger”, affirme en une un magazine local, comme s’il ne fallait pas oublier de revendiquer cette paternité).
Cette production de Rheingold est contrastée car elle semble avoir été réalisée avec des moyens contraints — décor unique, distribution passable —, qui contrastent avec le luxe musical qui émane de la fosse, où le Gewandhausorchester propose une musique d’un infini lyrisme, sous la direction d’un Ulf Schirmer dont le seul défaut est de ne pas appuyer davantage certains accents. Les cors, en particulier, sont tout simplement sublimes.
Si la qualité des chanteurs est variable, on s’agace de devoir supporter le Fasolt très défaillant de Stephan Klemm, incapable de tenir une note longue sans partir dans des trémolos incontrôlés qui ne méritent pas l’appellation de vibrato. La meilleure prestation est celle du Loge espiègle de Thomas Mohr (mon Siegmund de Cologne d’il y a sept ans — il était déjà excellent).
La mise en scène est assez convaincante malgré le budget manifestement limité. Rosamund Gilmore utilise de manière assez aboutie une série de figurants / danseurs : c’est infiniment plus intelligent que ce que propose le duo Cassiers / Cherkaoui à Milan et plus convaincant que les tentatives un peu désordonnées de Kriegenburg à Munich. Et elle marque beaucoup de points dans mon estime en marquant visuellement de manière très nette le basculement que constitue à mon avis l’introduction du thème du renoncement à l’amour.
Et, pendant ce temps, Leipzig accueille comme chaque année l’un des plus grands rassemblements mondiaux de gothiques et assimilés. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a du spectacle dans la rue.

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